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Lutte contre le déficit : priorité au contrôle des dépenses

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Denis Robichaud, Directeur des affaires provinciales pour le Nouveau-Brunswick

Les propriétaires de petites et moyennes entreprises du Nouveau-Brunswick reconnaissent l’urgence d’agir pour mettre de l’ordre dans les finances publiques de la province, et estiment que la solution passe avant tout par une réduction des dépenses du gouvernement. Ils s’opposent aussi vigoureusement à toute hausse d’impôts et de taxes, incluant une augmentation de la Taxe de vente harmonisée (TVH). Voilà quelques-unes des conclusions d’un récent sondage que la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a réalisé auprès de ses membres du Nouveau-Brunswick, et dont les résultats sont relatés dans un mémoire remis au gouvernement.

Durant sa première année au pouvoir, le gouvernement de Brian Gallant a maintes fois répété son intention de faire de la création d’emploi et de la croissance économique des priorités. D’ailleurs, des mesures positives pour les PME ont été adoptées. Pensons à la création du Fonds d’emploi pour les jeunes, à la bonification du Crédit d’impôt pour les investisseurs dans les petites entreprises, à la baisse du taux d’imposition des PME, ou encore à la création du Bureau interprovincial de l’efficacité de la réglementation et des services (en partenariat avec la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard).

Bien que la FCEI appuie ces mesures, il appert que le gouvernement du Nouveau-Brunswick n’a toujours pas réussi à stimuler la confiance des propriétaires de PME, comme le démontrent les réponses à notre sondage. En effet, lorsqu’on leur demande quel sentiment leur inspire l’avenir de l’économie du Nouveau-Brunswick, près des trois quarts des répondants se disent pessimistes.

De plus, environ huit entrepreneurs sur dix disent ne pas être convaincus que le gouvernement provincial est déterminé à améliorer le climat des affaires pour les PME. Et lorsqu’on demande aux chefs de PME si le gouvernement provincial en a fait assez pour réduire ses dépenses globales, 86 pour cent des répondants disent que non.

Pour huit entrepreneurs sur dix, l’atteinte de l’équilibre budgétaire au Nouveau-Brunswick passe par une réduction de la taille du gouvernement. Seulement 12 pour cent des chefs d’entreprises sont d’avis que le gouvernement doit générer des revenus additionnels en augmentant les taxes et impôts provinciaux. En fait, sept entrepreneurs sur dix qualifient de « médiocre » la performance du gouvernement au chapitre de la réduction du fardeau global des taxes et impôts des entreprises. Dans un contexte d’économie fragile, le gouvernement ne peut se permettre d’aller fouiller dans les poches des contribuables et des chefs d’entreprises pour plus de revenus et doit se concentrer sur un meilleur contrôle des dépenses gouvernementales.

Les entrepreneurs sont aussi d’accord pour dire que l’on doit accorder une plus grande importance aux efforts de développement économique. Mais sur quelles mesures le gouvernement provincial devrait-il se concentrer pour promouvoir la croissance de notre économie? Selon les entrepreneurs, il faut accorder un meilleur soutien aux PME à l’échelle locale, intégrer l’entrepreneuriat dans les programmes d’études, et aider les entrepreneurs à développer ou étendre leurs possibilités d’exportation.

Justement, le Nouveau-Brunswick est déjà reconnu comme l’une des provinces les plus actives en matière d’exportation de ses produits, surtout avec son partenaire commercial principal, les États-Unis. L’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne et le Partenariat transpacifique ouvriront d’autres portes aux entreprises canadiennes qui souhaitent développer ou étendre leurs activités d’exportation. Toutefois, contrairement aux grandes entreprises, les PME n’ont souvent pas les moyens, les ressources, le temps et les réseaux pour développer une stratégie d’exportation fructueuse, d’où l’importance de leur offrir un bon encadrement.

La FCEI a aussi sondé ses membres sur deux nouvelles structures mises en place par le gouvernement de Brian Gallant : Opportunités NB et le Conseil de l’emploi du Nouveau-Brunswick. Après avoir éliminé Investir NB, le gouvernement Gallant a annoncé la création d’une nouvelle Société de couronne, Opportunités NB (ONB). Cette société est censée être le « point de référence pour toutes les activités de développement économique du Nouveau-Brunswick », ainsi qu’un « guichet unique pour les entreprises locales et étrangères qui cherchent à grandir, à prendre de l’expansion ou à s’établir ».

Le sondage de la FCEI démontre que plus de la moitié des entrepreneurs du Nouveau-Brunswick ne sont pas convaincus qu’ONB soutient efficacement la création d’emplois et le développement économique du Nouveau-Brunswick. Pire encore, un chef de PME sur cinq a répondu ne même pas connaître cette nouvelle société, preuve que le mandat et la nature des services offerts aux entrepreneurs par ONB n’ont pas bien été communiqués. Les résultats ne sont guère plus encourageants en ce qui a trait au Conseil de l’emploi.

En plus d’en faire davantage pour démystifier Opportunités NB, la FCEI demande à ce que la société publie un rapport annuel détaillé qui nous permettra de bien évaluer son efficacité. Ce rapport devra s’appuyer sur des indicateurs de performance, comme le nombre de nouveaux investissements, le nombre d’emplois créés, le rendement des fonds publics investis, l’impact sur les PME, etc.

Le Nouveau-Brunswick fait face à de nombreux défis, et tout indique que les prochaines années viendront avec leur lot de nouveaux obstacles. Mais tout n’est pas perdu. Les entrepreneurs du Nouveau-Brunswick sont des professionnels passionnés et ils voient un potentiel de croissance au Nouveau-Brunswick. 

 

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Durant sa première année au pouvoir, le gouvernement de Brian Gallant a mis en place certaines mesures qui pourraient faire de la province un terrain plus fertile au développement des PME. Mais des idées reçues dans le cadre de la Révision stratégique des programmes pourraient - si elles sont adoptées - venir gâcher certains de ces progrès. Le budget 2016-2017, qui sera présenté dans quelques semaines, en sera un déterminant pour l’avenir du Nouveau-Brunswick. La FCEI espère qu’il sera axé sur un meilleur contrôle des dépenses, et non sur l’adoption de mesures régressives qui pourraient nuire aux entrepreneurs et consommateurs du Nouveau-Brunswick. 

À titre de Directeur des affaires provinciales, Denis est le principal porte-parole de la FCEI pour le Nouveau-Brunswick. Il est responsable de représenter les points de vue des 5 000 membres du N.-B. auprès des différents paliers de gouvernement.