Passer au contenu principal

Avis aux législateurs : Travail sécuritaire NB doit être au sommet de vos priorités

  • Accueil
  • Media
  • Avis aux législateurs : Travail sécuritaire NB doit être au sommet de vos priorités

Auteur : Louis-Philippe Gauthier

C’est un gouvernement minoritaire qui supervisera les séances de la 59e législature; les députés entrants et réélus à l’assemblée subiront ainsi le regard qu’on réserve habituellement aux membres du cabinet au moment de voter sur les politiques du gouvernement. Quel que soit leur parti, les députés doivent se préparer à ce que leurs priorités législatives soient exposées au grand jour.

Travail sécuritaire NB s’apprête à annoncer les taux d’indemnisation des travailleurs pour 2019, qui traduiront les tendances suivantes : le coût des prestations explose, la caisse d’indemnisation des accidents continue de fondre et son passif non capitalisé a atteint un seuil critique. Si rien n’est fait à la première séance de cette nouvelle législature, les accidentés du travail et les entreprises pourraient en subir les conséquences, pas seulement dans les prochaines années, mais bien dans les prochaines décennies.

Chers députés, vous m’excuserez si j’insiste, mais si aucune mesure législative n’est prise pour corriger la situation dès maintenant, c’est vous qui devrez répondre de la ruine du régime d’indemnisation des travailleurs.

Voici comment un ancien président des États-Unis a résumé la scène politique actuelle dans son pays : « L’un des plus grands problèmes de notre démocratie, c’est à quel point les réalités des uns ne sont pas celles des autres. » Malheureusement, ce message peut s’appliquer au discours qu’ont certains groupes et certaines personnes à propos de l’instabilité récente du régime d’indemnisation des travailleurs.

Documentez-vous sur les faits et vous ne le regretterez pas. Étudiez bien les principes de Sir Meredith, qui forment l’assise du régime d’indemnisation des travailleurs et montrent clairement que Travail sécuritaire NB n’est pas une société d’État comme les autres. Demandez à son nouveau président et chef de la direction qu’il vous en parle, et allez rencontrer le conseil d’administration. Renseignez-vous auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Croissance démographique. Lisez la première partie de l’audit de performance sur Travail sécuritaire NB de la vérificatrice générale, dont la suite sera publiée sous peu. Et surtout, prenez bien connaissance des vingt-huit recommandations du groupe de travail indépendant.

Maintenant, passons aux choses sérieuses : voici ce que vous risquez d’entendre de certains groupes qui militent pour le statu quo en ce qui concerne le régime.

On vous dira que les entreprises veulent seulement limiter leurs coûts. Ce qu’on ne vous dira pas, c’est que les entrepreneurs se soucient du bien-être de leurs employés. Ils tiennent à ce qu’ils soient en sécurité et reçoivent les indemnités auxquelles ils ont droit après un accident de travail. Les propriétaires d’entreprise veulent que leur argent soit bien géré et remplisse sa mission : dédommager les accidentés du travail. C’est aussi simple que ça.

On vous dira que les gens d’affaires ne font qu’agiter des épouvantails et crier à la fin du monde. Ce qu’on ne vous dira pas, et ce qu’on ne dira pas aux travailleurs, c’est que passé un certain point, le coût du régime sera tellement élevé que les prestations actuelles devront être revues à la baisse.
On vous dira que la réduction des coûts d’indemnisation passe par la sécurité au travail. Ce qu’on ne vous dira pas, c’est que l’explosion récente de ces coûts n’a en fait rien à voir avec le nombre d’accidents de travail, et tout à voir avec la déroute du régime depuis 2015.

Enfin, on vous dira de ne pas suivre les recommandations du groupe de travail indépendant, en avançant qu’il n’est pas nécessaire de modifier le processus du Tribunal d’appel. Or, si vous vous en tenez aux faits, vous verrez bien qu’il faut rétablir le pouvoir et l’indépendance du conseil d’administration.

La remise en état du régime d’indemnisation des travailleurs vous donne l’occasion de collaborer pour le bien de la province tout entière. C’est tout le milieu des affaires qui vous regarde. La balle est dans votre camp.

Ce texte est la traduction d’un article paru dans le Telegraph-Journal le 7 octobre 2018.