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Hausse des cotisations au RPC/RRQ : contraction de 64 000 emplois, soit 4,5 fois l’estimation du gouvernement

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Montréal, le 21 février 2018 – Selon une nouvelle analyse économétrique de la FCEI, le gouvernement fédéral a vraisemblablement sous-estimé l’impact négatif qu’aura sur l’emploi la hausse des cotisations au Régime de pensions du Canada (RPC) et au Régime des rentes du Québec (RRQ). Rappelons qu’à compter de 2019, les cotisations à ces régimes augmenteront pendant cinq années consécutives et que les deux années suivantes, le revenu maximal assujetti aux cotisations sera relevé. 

L’étude de la FCEI réalisée à l’aide du Policy and Economic Analysis Program (modèle macroéconométrique) de l’Université de Toronto révèle en effet que la hausse des cotisations au RPC/RRQ privera initialement l’économie canadienne d’environ 64 000 emplois, soit 4,5 fois ce que projetait le gouvernement fédéral. Cette étude démontre que ces effets négatifs sur le niveau d’emplois perdureront jusqu’à la fin des années 2020. Par la suite, ces effets se transformeront en contraction des revenus réels et en pression à la hausse sur le déficit gouvernemental.

« Cela n’est pas étonnant. Il est évident que les employeurs adopteront des moyens pour compenser cette hausse des coûts de main-d’œuvre. Ils tenteront de réduire leurs besoins de travailleurs en les remplaçant par exemple par de la technologie ou en privilégiant l’embauche de travailleurs plus qualifiés, explique Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI. Les premiers à écoper risquent malheureusement d’être les travailleurs moins qualifiés, comme les jeunes ou les nouveaux arrivants. »

La FCEI déplore que tout ce débat soit parti d’une mauvaise prémisse, à savoir celle qui veut que les employeurs ne contribueraient pas assez à la caisse de retraite de leurs employés. On aurait mieux fait de s’attarder à trouver un modèle d’épargne-retraite sans effets secondaires négatifs et mieux adapté aux besoins des Canadiens. « La hausse des cotisations au RPC s’ajoute aux augmentations des cotisations à l’assurance-emploi (AE) et du salaire minimum et aux autres coûts additionnels imposés par la réglementation qui pèsent sur les propriétaires de PME, ajoute Mme Hébert. Bien que certains estiment qu’il s’agit d’un sacrifice à court terme pour davantage de bénéfices à long terme, on peut se demander combien d’autres sacrifices nous pouvons encore exiger des propriétaires de PME. »

Revenus disponibles réels inférieurs et pression à la hausse sur le déficit
La hausse des cotisations au RPC se traduira également par des revenus disponibles réels inférieurs. Selon l’analyse de la FCEI, le revenu disponible des ménages sera inférieur en moyenne d’environ 700 $ à ce qu’il aurait été en 2025 (en dollars d’aujourd’hui), puis de 400 $ jusqu’en 2040. Si le gouvernement ne modifie pas ses politiques fiscales, son déficit gonflera d’environ 4 milliards $ de plus par année en raison des prestations d’assurance-emploi supplémentaires qui seront versées les premières années consécutives aux hausses de cotisations, et des revenus moins élevés par la suite.

Des effets négatifs qui auraient pu être évités
L’analyse de la FCEI démontre par ailleurs que le gouvernement aurait pu atténuer la contraction de l’emploi s’il avait opté pour hausser uniquement les cotisations des travailleurs. L’objectif d’assurer un meilleur revenu à la retraite pour les travailleurs aurait ainsi été atteint, sans pour cela mettre un fardeau financier additionnel sur le dos des employeurs. Les chiffres montrent d’ailleurs que, si cette solution avait été retenue, les salaires auraient augmenté de 400 $ de plus en moyenne par personne d’ici 2024.
La FCEI demande donc à Ottawa de reconnaître l’impact que ces hausses auront sur les coûts de main-d’œuvre au pays et de prévoir des mesures d’allègement fiscal pour les employeurs dans son budget de la semaine prochaine. Enfin, la FCEI souhaite aussi que les provinces emboitent le pas lors des budgets provinciaux.

Lisez l’analyse intégrale : Épargne forcée : les coûts cachés des modifications aux régimes de retraite publics (RPC/RRQ)

À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de petites et moyennes entreprises du Canada, comptant 110 000 membres dans tous les secteurs et toutes les régions.

Renseignements :
Mélanie Raymond, attachée de presse et conseillère aux affaires publiques, FCEI
Tél. : 514 861-3234 poste 1808 | Cell. : 514 817-0228
[email protected]