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Hausse du salaire minimum : les mesures fiscales seraient plus optimales

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Montréal, le 1er mai 2018 — Alors qu’entre en vigueur la hausse à 12 $/h du salaire minimum au Québec, même si le gouvernement a eu la sagesse de ne pas le hausser à 15 $/h, la FCEI rappelle que les mesures fiscales (primes au travail, exonération de base, etc.) seraient plus optimales pour soutenir les travailleurs à faible revenu. En effet, plusieurs PME devront malheureusement compenser ailleurs la hausse du coût de la main-d’œuvre qui suivra cette hausse de 6,7 %. « Il faut se rappeler que quand on augmente le salaire minimum de 6,7 %, comme c’est le cas aujourd’hui, cela enlève de la flexibilité aux employeurs et crée des pressions à la hausse sur la majorité des autres salaires dans les entreprises œuvrant dans des secteurs comme le commerce de détail, l’agriculture ou la restauration. Or, ce sont là des PME qui ont une marge de manœuvre souvent très limitée et, l’argent ne poussant pas dans les arbres, cela n’est pas sans conséquence. Plusieurs employeurs devront malheureusement récupérer ces coûts ailleurs, notamment en augmentant leurs prix, en réduisant les heures travaillées — particulièrement dans les emplois moins qualifiés — ou en retardant des projets d’investissement ou d’embauche. Ainsi, même si nous sommes en faveur des mesures de lutte à la pauvreté, l’épreuve de la réalité nous montre que le salaire minimum n’est pas nécessairement le véhicule optimal pour y arriver. Si on veut mieux aider les travailleurs à faible revenu et éviter les effets pervers de hausses trop marquées du salaire minimum sur ces derniers et sur l’économie, mieux vaut miser sur les aides fiscales », affirme Martine Hébert, M. Sc. Écon., vice-présidente principale et porte-parole nationale à la FCEI.

La pensée magique du salaire minimum à 15 $/h…
Alors que certains groupes allèguent que la hausse du salaire minimum à 15 $/h augmenterait le pouvoir d’achat des travailleurs concernés et serait donc supposément bénéfique pour l’ensemble de l’économie, la FCEI tient à apporter quelques bémols à de telles assertions. « Si la réalité était ainsi, ce serait magique et, suivant cette logique, nous n’aurions qu’à hausser substantiellement le salaire minimum pour nager dans la richesse collective. Malheureusement, ces suppositions ne prennent souvent pas en compte l’effet global qu’aurait une hausse marquée du salaire minimum sur un ensemble de facteurs économiques autres que la consommation ou encore dans des secteurs spécifiques comme le commerce de détail, l’agriculture, etc. C’est pourquoi dans ce genre de dossier, il est important d’avoir une vision qui dépasse le feu de paille que créerait supposément la hausse marquée du salaire minimum sur le comportement de certains consommateurs à court terme. Il faut également considérer que les employeurs s’ajusteraient à ces hausses de coûts à moyen et long terme risquant d’entraîner, pour conséquences, des impacts sur une foule de facteurs comme les heures travaillées, les décisions d’investissement, la hausse des prix, le PIB, l’automatisation, etc. Il faut donc faire très attention aux conclusions partielles, présentant juste un côté de la médaille », explique Mme Hébert.

Enfin, la FCEI rappelle que nombre d’experts et d’organismes tels que la Banque du Canada, le Bureau de responsabilité financière de l’Ontario et autres, ont récemment émis des avis à l’effet notamment que les hausses marquées du salaire minimum à 15 $/h, comme celle annoncée entre autres en Ontario, pourraient mener à la perte de dizaines de milliers d’emplois — affectant au premier chef les travailleurs à faible revenu — en plus de risquer d’engendrer des conséquences négatives sur l’économie et qu’il ne s’agissait donc pas là du meilleur mécanisme pour lutter contre la pauvreté. « Si l’on peut tous s’entendre sur le fait que nous avons intérêt collectivement à lutter contre la pauvreté, il faut se méfier des solutions soi-disant miraculeuses, comme celle du salaire minimum à 15 $/h. D’ailleurs, si c’était si vrai, on l’aurait sans doute déjà fait depuis longtemps… », conclut Martine Hébert.

À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de petites et moyennes entreprises du Canada, comptant 110 000 membres dans tous les secteurs et toutes les régions.

Renseignements :
Mélanie Raymond, attachée de presse et conseillère aux affaires publiques, FCEI
Tél. : 514 861-3234 poste 1808 | Cell. : 514 817-0228
[email protected]