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Pour le bien de tous, prenons en main nos jeunes éloignés du marché du travail

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Texte publié dans La Presse plus le 25 mai 2016

C’est un fait bien connu que le Québec vit en ce moment une rareté de sa main-d’œuvre et que cette situation se détériorera considérablement dans les années à venir en raison du vieillissement de la population. Cette réalité factuelle fait en sorte que nous n’avons plus les moyens de laisser sur les lignes de côté la main-d’œuvre et les talents qui sont disponibles. C’est aussi un autre fait bien connu et documenté que des séjours prolongés à l’aide sociale ne sont pas souhaitables lorsqu’on est apte à l’emploi.

Alors que les élus débattent présentement de l’encadrement des jeunes québécois prestataires pour la première fois de l’aide sociale, les principales organisations patronales du Québec souhaitent rappeler l’importance du Programme objectif emploi prévu dans le projet de loi 70. Ce programme vise à offrir aux prestataires aptes au travail un accompagnement personnalisé en vue d’une intégration en emploi, ainsi qu’une augmentation de leurs prestations durant leur participation à ce programme.

La majorité des nouveaux demandeurs d'aide sociale au Québec sont des jeunes et environ 6 200 par année proviennent de familles qui bénéficient déjà de l’aide sociale. Si l’on veut réduire la dépendance à l’aide sociale, il est essentiel de s’attaquer aux causes de cette dépendance et de proposer un avenir meilleur à ces jeunes. Nous devons nous mobiliser pour offrir aux prestataires de la sécurité du revenu des occasions de se former et d’acquérir de l’expérience de travail.

Le projet de loi prévoit notamment que lorsqu’une personne fait une première demande d’aide sociale, elle se voit immédiatement offrir un parcours personnalisé de formation ou d’aide à l’emploi. Ce demandeur doit accepter ce parcours s’il n’a pas de contraintes importantes à l’emploi, et bénéficie en contrepartie d’une hausse de sa prestation.

Depuis plus de 40 ans, la démarche d’insertion en emploi chez les demandeurs d’aide sociale se fait en deux temps. Dans un premier temps le gouvernement accueille les personnes démunies à l’aide sociale. Il leur offre, dans un deuxième temps, de participer à des programmes qui favorisent leur intégration au marché du travail à court ou moyen terme. Ces programmes sont pertinents et assez efficaces. Ceux et celles qui suivent ces programmes jusqu’au bout connaissent un taux élevé d’insertion à l’emploi.

Nous saluons donc la stratégie du gouvernement qui veut réunir, en un seul processus l’admission à l’aide sociale et l’engagement systématique dans un parcours d’insertion au travail. L’aide sociale doit combler les besoins des personnes en dernier recours, ou venir en aide à ceux qui ont des contraintes à l’emploi. Il ne faut pas avoir honte d’y recourir, mais pour les personnes capables de travailler, il ne devrait pas constituer un mode de vie ou une solution permanente à leur problème de manque de revenus. Notre société a mieux à offrir comme solution qu’un chèque d’aide sociale.

Briser le cycle de la pauvreté en réunissant toutes les conditions possibles pour valoriser la participation au travail est une pierre angulaire de la stratégie du Québec de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, dans laquelle nous sommes collectivement engagés depuis plusieurs années. L’emploi est la première solution pour améliorer les conditions de vie des plus démunis, favoriser leur autonomie et bâtir un Québec où chaque personne a sa place, peut mener une vie digne et participer, selon ses capacités, à la vie et à la prospérité de notre société.

Il importe donc que nous nous mobilisions pour offrir à ces personnes des outils qui leur permettent de recouvrer leur autonomie par l’emploi, et c’est ce que propose le projet de loi 70. Les employeurs québécois sont d’ailleurs prêts à contribuer à cet effort commun.

Il y aura près de 1,4 million d'emplois à combler sur un horizon de 10 ans. Le Québec aura besoin de tous ses travailleurs dans des emplois de toute nature, spécialisés ou non. 

Nous devons collectivement appuyer les efforts d’insertion en emploi, même s’ils peuvent être momentanément impopulaires. Éducateurs, employeurs, travailleurs communautaires, représentants du gouvernement, mobilisons nos forces et osons créer des conditions favorables à l’intégration économique et sociale de tous.

 

Yves-Thomas Dorval
Président-directeur général+
Conseil du patronat du Québec

Stéphane Forget, MBA
Président-directeur général par intérim
Fédération des chambres de commerce du Québec

Martine Hébert
Vice-présidente principale et porte-parole nationale
Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

Éric Tétrault
Président
Manufacturiers et exportateurs du Québec