Montréal, le 20 mai 2026 – Un nouveau rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèle des décalages fondamentaux à toutes les étapes du processus d’embauche : la manière dont les employeurs recrutent et dont les jeunes cherchent un emploi, leurs attentes respectives face à un emploi, les postes que les jeunes sont prêts à occuper et les compétences recherchées par les employeurs. Ce rapport s’appuie sur un sondage mené auprès de propriétaires de PME et sur un sondage d’opinion publique réalisé auprès de jeunes Canadiens.
Près des deux tiers (62 %) des propriétaires de petites entreprises misent surtout sur leurs contacts personnels pour recruter, car les candidats bénéficient de la crédibilité de la personne qui les recommande. Parallèlement, 3 jeunes sur 4 (73 %) passent principalement par des sites de recherche d’emploi, et seulement la moitié se tournent vers leurs réseaux personnels. Ce décalage fait que les employeurs recrutent dans des réseaux où les jeunes ne cherchent pas activement d’emploi. Les programmes d’alternance travail-études et de stages, qui mènent à un emploi permanent dans 73 % des cas, sont utilisés par 25 % des jeunes, mais seulement par 1 PME sur 5, ce qui représente une occasion manquée de recruter des jeunes prêts à travailler.
« Nous avons actuellement deux groupes, les employeurs et les jeunes en recherche d’emploi, qui sont de plus en plus en décalage. Les PME recrutent par l’intermédiaire de réseaux de confiance et recherchent des compétences générales, tandis que de nombreux jeunes privilégient les sites de recherche d’emploi. Ils risquent ainsi de passer à côté de postes à pourvoir, ce qui alimente le taux élevé de chômage chez les jeunes », déclare Bérengère Fouqueray, analyste de la recherche à la FCEI.
Lorsqu’ils embauchent des jeunes, les propriétaires de PME accordent plus d’importance aux compétences générales, comme une attitude positive (91 %), la motivation (84 %) et le professionnalisme (76 %), qu’aux diplômes, à l’expérience ou à la formation. Or, ces qualités se retrouvent surtout dans les secteurs des services et des métiers spécialisés ainsi que dans les emplois exigeant des efforts physiques. Pourtant, ce sont précisément ces postes que de nombreux jeunes Canadiens rejettent. Près de la 50 % d’entre eux refusent d’envisager des emplois exigeant des efforts physiques importants ou des quarts de nuit, alors que près de 2 sur 5 n’envisagent pas de travailler à l’extérieur.
« La réalité, c’est qu’il existe des emplois que les jeunes Canadiens ne veulent pas, ne peuvent pas ou ne sont pas prêts à occuper. Qu’il s’agisse d’un centre de villégiature dans le nord de la Colombie-Britannique ou d’un restaurant en milieu rural au Nouveau-Brunswick, les entreprises ont besoin de travailleurs pour maintenir leurs activités et soutenir leur économie locale. De nombreux jeunes ne peuvent pas ou ne veulent pas déménager ni travailler selon les horaires requis, surtout s’ils sont aux études. Si les entreprises ne parviennent pas à pourvoir ces postes, elles pourraient devoir fermer leurs portes », souligne Bérengère Fouqueray.
Les PME évoluent également dans un contexte de ralentissement économique. Des marges serrées et l’incertitude persistante rendent plus difficile l’embauche de nouveaux travailleurs sans expérience. Bien que la plupart des PME offrent des salaires supérieurs aux minimums provinciaux, qui varient entre 15 $ et 18 $ l’heure, plus du tiers des jeunes affirment qu’ils ne s’intéressent pas aux emplois rémunérés au salaire minimum. Le rapport de la FCEI met en évidence les coûts souvent sous-estimés liés à l’embauche de débutants, notamment le temps et les ressources nécessaires à leur formation.
« Le contexte d’embauche est actuellement beaucoup plus contraignant pour les PME. Compte tenu des pressions économiques actuelles, elles hésitent à agrandir leurs équipes et font preuve de beaucoup plus de prudence lorsqu’il s’agit d’embaucher de nouveaux employés », fait remarquer Bérengère Fouqueray.
Par ailleurs, plus des deux tiers des propriétaires de PME ne connaissent pas les programmes gouvernementaux d’aide à l’embauche. Ceux qui les connaissent décrivent des programmes mal adaptés à la réalité opérationnelle des PME, dont les processus de demande sont compliqués et les échéanciers peu opportuns.
« Les jeunes travailleurs ont souvent besoin d’une formation et d’un encadrement supplémentaires, ce qui réduit le temps consacré à la gestion de l’entreprise. Ce temps correspond à un coût réel qui devrait être pris en compte dans toute politique publique visant à lutter contre le chômage des jeunes », affirme Bérengère Fouqueray.
La FCEI demande aux gouvernements de réduire les taxes sur la masse salariale, d’instaurer des crédits d’impôt remboursables permanents pour l’embauche de jeunes dans le cadre de programmes d’alternance travail-études et de stages, et de simplifier les programmes comme Emplois d’été Canada afin de réduire la paperasserie.
« Les propriétaires de PME sont fiers d’offrir aux jeunes leur premier emploi, et il est important de préserver ce rôle essentiel. Combler l’écart des attentes permettrait aux jeunes d’acquérir une expérience professionnelle précieuse, tout en aidant les entreprises à trouver les travailleurs dont elles ont besoin », conclut Bérengère Fouqueray.
Consultez le rapport complet :Les petites entreprises et les jeunes au Canada : un écart à combler.
Renseignements :
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
affaires.publiques@fcei.ca
À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 103 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.