Montréal, le 24 mars 2026 — L’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité (AQCIE) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) souhaitent rétablir certains faits à la suite des propos d’Hydro-Québec concernant la décision de la Régie de l’énergie sur la demande tarifaire pour les années 2026, 2027 et 2028.
Alors qu’Hydro-Québec affirme que les ajustements imposés par la Régie envoient un « mauvais signal » et auront des conséquences concrètes pour les clients, il est essentiel de replacer cette décision dans son juste contexte.
Rappelons qu’Hydro-Québec demandait une hausse de 4,8 % par année pour les clients industriels et commerciaux. La Régie a plutôt accordé une augmentation annuelle de 3,6 %, soit une hausse substantielle représentant le double de l’inflation observée au Canada en février (1,8 %) et environ 30 % de plus que l’inflation québécoise (2,8 %).
Ces hausses de tarifs continuent d’éroder la compétitivité des usines québécoises, pour qui les coûts d’électricité sont déterminants dans les décisions d’investissement et de production, alors que les tarifs industriels aux États-Unis devraient augmenter de 2,32 % en 2026 et de 0 % en 2027 , soit bien en deçà du 3,6 % au Québec.
Parallèlement, l’année 2025 a été compliquée pour de nombreuses PME. Entre la guerre tarifaire, la pression sur les coûts et la diminution de la demande, l’indice de confiance des PME a reculé à 47,7, soit le deuxième pire résultat en 16 ans. Plus du tiers (36 %) des dirigeants de PME ont mentionné que les coûts d’électricité ont posé des problèmes à leur entreprise.
Une lecture exagérée de la décision
Hydro-Québec laisse entendre que la décision de la Régie compromettrait la mise en œuvre de son Plan d’action 2035 et la qualité du service, tout en déplorant le retranchement d’environ 450 millions de dollars dans ses dépenses d’exploitation sur trois ans.
Or, cette interprétation mérite d’être nuancée. En réalité, la Régie a approuvé près de 96 % des dépenses totales soumises par Hydro-Québec pour les trois années, sur un budget total de plus de 10 milliards de dollars.
« Présenter cette décision comme un frein majeur au développement ou à la fiabilité du réseau est exagéré. Les 450 millions retranchés représentent une fraction minime du budget global et la réaction d’Hydro-Québec est alarmiste. Dans un contexte où les usines et les entreprises québécoises subissent une concurrence nord-américaine sans précédent, un tel discours apparaît déconnecté des réalités économiques auxquelles nous sommes confrontés », a déclaré Jocelyn B. Allard, président de l’AQCIE.
Bien gérer, c’est faire des choix
Hydro-Québec soutient également que les ajustements imposés par la Régie auront des impacts concrets, notamment en réduisant certains programmes d’efficacité énergétique.
L’AQCIE et la FCEI rappellent que la Régie exerce pleinement son rôle de régulateur indépendant et que l’efficacité énergétique n’est pas synonyme de « chèque en blanc ». Hydro-Québec doit prioriser ses investissements et optimiser l’utilisation de ses ressources, en misant sur une meilleure gestion plutôt que sur des hausses tarifaires systématiques.
Les consommateurs d’électricité québécois sont donc en droit d’exiger une gestion exemplaire, une discipline financière réelle et une capacité à faire des choix. D’ailleurs, une étude de la firme Gallagher de 2024 indique que la rémunération des employés d’Hydro-Québec dépasse d’environ 15 % celle de leurs pairs dans de grandes entreprises comparables, soit au-delà des standards de compétitivité. Il est indéniable que des gains d’efficience sont possibles et réalisables à court terme pour Hydro-Québec.
Les petites, moyennes et grandes entreprises vivent des contraintes et des crises successives depuis plus de cinq ans. Elles doivent revoir leurs pratiques, améliorer leur efficience et leur productivité pour garder la tête hors de l’eau. Le gouvernement du Québec a lui aussi entrepris un virage pour améliorer son efficacité. Hydro Québec ne doit pas échapper à cette réalité.
« Hydro-Québec peut être insatisfaite de la décision de la Régie, mais plutôt que de la critiquer publiquement, elle devrait s’en servir comme levier d’amélioration. La Régie a pleinement exercé son rôle de contre pouvoir nécessaire à un monopole d’État », a ajouté François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
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À propos de l’AQCIE
L’AQCIE (Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité), fondée en 1981, est une association qui représente les intérêts des plus importants consommateurs d’électricité à des fins industrielles établis au Québec. Ces industries, bien implantées dans les régions du Québec, consomment plus du tiers de l’électricité vendue par Hydro-Québec Distribution, correspondant à une valeur de plus de trois milliards de dollars par année.
À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 100 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions et 22 000 au Québec. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.
Renseignements :
Jocelyn B. Allard, président de l’AQCIE
Cell. : 514 910-8027
jballard@aqcie.org
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
affaires.publiques@fcei.ca