Salle de presse

Parlons d’économie et ça presse !

Rédigé par CFIB Media Centre | Oct 19, 2026, 1:04:39 PM

Lettre ouverte publiée dans Le Soleil, le 19 octobre 2026.

 

En un an, le Québec a perdu 94 600 emplois. C’est l’équivalent de la population de Brossard ou de Repentigny. Et ce ne sont pas que des statistiques : ce sont des travailleurs, des familles et des régions qui écopent.


Les pertes frappent plusieurs industries clés dont l’activité se répercute dans toute l’économie : la construction (-15 600), la fabrication (-15 100), le commerce de gros et de détail (-33 100), ainsi que la finance, les assurances, les services immobiliers et les services de location (-22 900).  Lorsque ces secteurs souffrent, leurs fournisseurs, leurs partenaires et l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement en subissent le contrecoup.


On ne choisit pas les tarifs imposés par les États-Unis ni l’incertitude qu’ils font planer sur nos entreprises. On choisit, en revanche, l’environnement dans lequel elles doivent y faire face. Or, ces pertes d’emplois surviennent après plusieurs années d’un interventionnisme étatique qui a fait gonfler les effectifs publics tout en freinant la création d’emplois dans le secteur privé. Entre janvier 2019 et janvier 2026, 55 % des emplois créés au Québec l’ont été dans le secteur public, contre 31 % en Ontario et 36 % dans l’ensemble du Canada.  Pourtant, trois travailleurs québécois sur quatre œuvrent dans le secteur privé. 


La campagne électorale a néanmoins envoyé un signal encourageant : les principaux partis ont proposé de changer de cap et de sortir du dirigisme économique. Le Parti québécois, le Parti conservateur du Québec et le Parti libéral du Québec ont tous défendu, à leur manière, une baisse de la fiscalité des entreprises et une diminution de la paperasse. En fait, créer un environnement permettant aux entreprises privées d’investir, d’améliorer leur productivité, d’augmenter les salaires et de créer des emplois. Ensemble, ces partis ont fait élire 118 des 127 députés.


Le gouvernement du Parti québécois est peut-être minoritaire, mais il dispose d’appuis solides pour faire avancer trois propositions économiques phares : établir le taux d’imposition des entreprises à 9,5 %, lancer un vaste chantier contre le gaspillage et la bureaucratie, et revoir l’ensemble des règlements, programmes, procédures et normes.


Plusieurs gouvernements, dont le précédent, ont tenté d’amorcer des virages nécessaires pour stimuler la croissance économique et se sont butés à une machine gouvernementale réfractaire combinée à la mobilisation de groupes de pression amplifiée par les médias. 


Résultat :
•    Le Québec est la juridiction canadienne qui impose le plus d’exigences réglementaires, soit 145 958, 107 % de plus que la moyenne des autres provinces.
•    Le Québec est la pire juridiction canadienne pour la fiscalité des PME : des taxes sur la masse salariale 30 % plus élevées, aucune exemption de base au Fonds des services de santé et un taux d’impôt PME inaccessible aux plus petites entreprises des secteurs des services et de la construction. 


Devant de telles contraintes, il ne faut pas s’étonner qu’un sondage de la FCEI révèle que 60 % des dirigeants de PME ne considèrent pas le Québec comme un endroit propice pour lancer et faire croître une entreprise.  Plusieurs entrepreneurs ont d’ailleurs lancé récemment des cris du cœur sur la place publique : ils en ont assez et réclament un véritable ménage ainsi qu’un meilleur climat d’affaires.

Pour renverser la tendance des pertes d’emplois, la recette est pourtant simple : faire du Québec un endroit propice aux investissements, à l’entrepreneuriat et à la création d’emplois.
Le chantier est colossal. Et ceux qui profitent du statu quo feront tout pour que rien ne change. La pression sera donc énorme !


Les élections sont derrière nous depuis deux semaines, mais les enjeux économiques qui dominaient le début de la campagne ont déjà presque disparu du débat. L’allègement réglementaire figure au programme des 100 premiers jours, mais améliorer l’environnement fiscal des entreprises, lui, n’y figure pas.

Le nouveau Conseil des ministres sera dévoilé le 21 octobre, et les travaux de l’Assemblée nationale reprendront en novembre.


Un gouvernement minoritaire peut réussir là où des gouvernements assis sur de fortes majorités ont échoué. Encore faut-il qu’il passe des engagements à l’action. Rapidement.
Les vents d’opposition souffleront fort, même si plus de 90 % des députés ont été élus en défendant ce programme économique. J’invite donc la communauté d’affaires à continuer de prendre la parole, sans hésitation et sans relâche. Nous avons besoin de vous.


Au gouvernement du Québec comme aux partis d’opposition, je tends la main : construisons ensemble un environnement d’affaires qui propulsera nos PME, attirera les investissements et fera du Québec un modèle pour le reste du Canada.

 

François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI