Rapports de recherche

Les effets de la criminalité et de l’insécurité sur le quotidien des PME canadiennes

Rédigé par admin | 8 avr. 2026 11:00:00

Criminalité et sécurité publique : le regard des petites entreprises sur l’approche canadienne

Résumé

  • La criminalité demeure une préoccupation quotidienne pour les PME : La moitié des propriétaires de PME affirment que la criminalité a augmenté dans leur communauté au cours de la dernière année, seulement 2 % signalent une diminution.
  • Les préoccupations liées à la sécurité influencent le fonctionnement des entreprises : Près d’un propriétaire sur deux s’inquiète pour sa propre sécurité ainsi que pour celle de son personnel et de sa clientèle.
  • La situation varie selon les provinces : Les propriétaires de PME dans les provinces où les niveaux de criminalité sont plus élevés, comme le Manitoba, la Saskatchewan et Terre‑Neuve‑et‑Labrador, expriment davantage de préoccupations, tandis que ceux du Québec se disent moins inquiets.
  • De nombreux propriétaires estiment manquer de soutien : Plus des trois quarts des PME ne croient pas que les impôts qu’elles paient se traduisent par une amélioration de la sécurité dans leur communauté.
Pour de nombreux propriétaires de PME canadiennes, la criminalité et le l’insécurité font désormais partie du quotidien. Des incidents autrefois peu fréquents surviennent désormais régulièrement et perturbent les activités, mettent en danger le personnel et la clientèle, et exercent une pression sur des ressources déjà limitées. Les propriétaires d’entreprise disent souvent être confrontés à des perturbations avec peu de soutien de la part des systèmes censés les aider, et nombreux sont ceux qui ont l’impression d’être laissés à eux-mêmes.

« Il y a eu un vol à main armée dans un commerce du complexe. Des coups de feu ont été tirés, et une balle a fait éclater notre porte vitrée. Heureusement, nous étions fermés quand c’est arrivé, mais si ça s’était produit une heure plus tôt, une personne aurait pu être blessée sérieusement. » 
—  Propriétaire d’une entreprise de services personnels, Milton (Ontario) 

Ce genre de témoignages est devenu monnaie courante dans les échanges de la FCEI avec les propriétaires de PME. Le problème n’est pas nouveau, mais ses effets sur les entreprises canadiennes se sont amplifiés. Les propriétaires d’entreprise sont épuisés – sur les plans financier, émotionnel et opérationnel – à force d’assumer des responsabilités qui dépassent largement la simple gestion de leur entreprise. Malgré le rôle important qu’elles jouent dans leur communauté, les petites entreprises sont souvent absentes des discussions sur la criminalité et écartées de l’élaboration des solutions.

Même si davantage de gouvernements au pays commencent à répondre aux appels à l’action des entreprises, notamment avec le dépôt récent du projet de loi C-14 au fédéral et du projet de loi 75 en Ontario, il est essentiel que les mesures proposées se traduisent par des améliorations concrètes sur le terrain. Tant que la criminalité ne diminuera pas, les entrepreneurs continueront de s’inquiéter pour leur gagne-pain et leur quartier.

Que disent les PME au sujet de la criminalité et de la sécurité?

En octobre 2025, la FCEI a interrogé les propriétaires de PME sur l’évolution de la criminalité dans le quartier de leur entreprise au cours des 12 derniers mois.1 La moitié des propriétaires de PME ont indiqué que la criminalité avait augmenté dans leur communauté, tandis que seulement 2 % ont signalé une baisse (figure 1). Les autres propriétaires d’entreprise ont indiqué que le niveau de criminalité était demeuré relativement stable. Ces résultats représentent une légère amélioration par rapport aux données de 2024, alors que 63 % des répondants avaient signalé une hausse de la criminalité et seulement 1 % une diminution. 

Figure 1 : La moitié des propriétaires de PME au Canada affirment que la criminalité a augmenté dans leur communauté en 2025, tandis que seulement 2 % font état d’une baisse

Question : Au cours des 12 derniers mois, quelle a été l’évolution de la criminalité dans le quartier de votre entreprise?
Source :  FCEI, sondage Votre Voix, mené du 19 au 24 octobre 2025, n = 2 542.

Les propriétaires de PME ne sont pas les seuls à s’inquiéter de la hausse de la criminalité. Selon un récent sondage Angus Reid, 62 % des Canadiens estiment que la criminalité a augmenté dans leur communauté au cours des cinq dernières années. Ce même sondage indique que seulement 5 % de la population canadienne estime que la criminalité a diminué dans leur communauté, un résultat comparable à celui observé auprès des PME par la FCEI.

« Le pire, c’est de trouver une personne couchée par terre devant l’immeuble. On doit alors appeler le 9-1-1, qui nous demande de nous approcher pour voir si cette personne est vivante, inconsciente ou décédée. Ce n’est pas à nous de faire ça. C’est le travail de la police et on pourrait se mettre en danger. »
—   Propriétaire d’une entreprise de ressources naturelles, North Bay (Ontario) 

Perception et réalité

Les tendances de la criminalité sont souvent examinées à partir de statistiques nationales, mais ces indicateurs généraux ne rendent pas toujours compte de la réalité vécue par les propriétaires de PME sur le terrain. Les résultats du sondage de la FCEI montrent comment les propriétaires d’entreprise perçoivent la criminalité dans leur communauté, alors que les données de Statistique Canada mesurent officiellement les niveaux de criminalité. Prises ensemble, ces deux sources permettent de montrer les points de convergence entre les perceptions et les tendances observées, ainsi que les écarts révélés par les expériences régionales.

Les données de la FCEI montrent comment les propriétaires de PME partout au pays perçoivent la hausse de la criminalité. Les propriétaires de PME de Terre-Neuve-et-Labrador sont les plus nombreux à percevoir une hausse de la criminalité (figure 2), suivis de ceux du Manitoba et de la Saskatchewan.2 Ceux du Québec sont les moins inquiets à ce sujet. Ces résultats montrent que l’expérience de la criminalité varie beaucoup selon les régions et n’est pas la même partout au Canada.

Figure 2 :  La perception d’une hausse de la criminalité est la plus élevée à Terre-Neuve-et-Labrador*, au Manitoba et en Saskatchewan, et la plus faible au Québec

Question : Au cours des 12 derniers mois, quelle a été l’évolution de la criminalité dans le quartier de votre entreprise?
Source :  FCEI, sondage Votre Voix, mené du 19 au 24 octobre 2025, n = 2 542.
Remarque : *Petit échantillon (moins de 40 répondants).

De récentes données publiées par Statistique Canada révèlent des tendances qui pourraient aider à expliquer cette perception. Lorsque le taux de criminalité et l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) sont présentés par province, Terre-Neuve-et-Labrador est la seule province à enregistrer une hausse constante depuis 2020 (figures 3 et 4) . Le Manitoba et la Saskatchewan demeurent les provinces où les taux de criminalité et l’IGC sont les plus élevés, ce qui concorde avec le niveau de préoccupation élevé relevé par la FCEI. Le Québec demeure parmi les provinces où les niveaux sont les plus faibles pour ces deux mesures, ce qui correspond au niveau de préoccupation plus faible exprimé par ses propriétaires d’entreprise.

Figure 3 : Taux de criminalité (par tranche de 100 000 habitants)

Source : Statistique Canada. Statistiques des crimes fondés sur l’affaire, par infractions détaillées, Canada, provinces, territoires, régions métropolitaines de recensement et Police militaire des Forces canadiennes. * Exclut les infractions au Code de la route. * Confinements durant la pandémie de COVID-19 (mars 2020 à mai 2023).

Figure 4 : Indice de gravité de la criminalité

Source : Statistique Canada. Tableau 35-10-0026-01 – Indice de gravité de la criminalité et taux de classement pondéré, Canada, provinces, territoires et régions métropolitaines de recensement. * Confinements durant la pandémie de COVID-19 (mars 2020 à mai 2023).

Lorsque ces données de Statistique Canada ont été publiées pour la première fois, les manchettes faisaient état d’une baisse graduelle des taux de criminalité et de leur gravité au Canada en 2024, constat qui était fondé sur la moyenne nationale. Théoriquement, ces données semblent indiquer un relâchement progressif des pressions découlant des activités criminelles et un recul généralisé de la criminalité. Toutefois, une analyse plus approfondie, province par province, et les données rapportées par les propriétaires d’entreprise dressent un portrait plus nuancé. Les tendances nationales donnent une vue d’ensemble utile pour les décideurs, mais ne reflètent pas toujours les réalités quotidiennes des propriétaires de PME selon les régions.

L’analyse des données selon le type de crime fait aussi ressortir des écarts importants. Statistique Canada indique que certains crimes, comme le vol de véhicules à moteur, ont diminué en 2024, tandis que le vol à l’étalage – un type de criminalité qui touche de façon disproportionnée les entreprises – continue d’augmenter de façon constante. La police a déclaré 182 361 incidents de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins (442 incidents pour 100 000 habitants) en 2024, soit une hausse de 14 % par rapport à 2023. Cette tendance se poursuit pour une quatrième année d’affilée, avec une augmentation de 66 % entre 2014 et 2024.

Les figures 3 et 4 fournissent un éclairage utile sur l’état général de la criminalité, mais elles n’isolent pas les types d’infractions qui touchent précisément les entreprises. Par conséquent, elles ne peuvent pas être comparées directement aux données de la FCEI, qui se concentrent uniquement sur la perception des entreprises. Malgré tout, les tendances observées dans les données laissent entrevoir que les préoccupations des entreprises ne sont pas sans fondement. Elles traduisent plutôt des réalités locales et des dynamiques régionales que les statistiques nationales peuvent masquer.

Enfin, il est important de reconnaître les limites des données sur la criminalité. Les propriétaires d’entreprise sont encouragés à signaler les incidents, car les décideurs s’appuient largement sur les données de Statistique Canada (qui reposent sur les infractions déclarées à la police) pour analyser les tendances et guider la répartition des ressources. Or, de nombreux propriétaires de PME (29 %) indiquent ne pas déclarer les crimes à la police, estimant que le processus est inutile, trop long ou peu susceptible d’aboutir à des résultats concrets (figure 5). Par conséquent, les statistiques officielles pourraient sous-estimer l’ampleur réelle de la criminalité. Les résultats des sondages de la FCEI et les données de Statistique Canada devraient donc être considérés comme complémentaires, puisqu’ils offrent des éclairages et des contextes différents plutôt que des mesures directement comparables.

Figure 5 : Pourquoi les propriétaires de PME ne remplissent pas toujours un rapport de police


Question : Pourquoi ne remplissez-vous pas toujours un rapport de police lorsque vous avez des problèmes de sécurité publique? (Sélectionner toutes les réponses pertinentes)
Source : FCEI, Sondage sur la criminalité et la sécurité publique, mené du 25 juillet au 5 septembre 2024, Canada, n = 319. * Résultats filtrés pour exclure les réponses « sans objet ».

Préoccupations liées à la sécurité personnelle

Les propriétaires de PME sont profondément préoccupés par la sécurité personnelle, tant la leur que celle de leurs employés et de leurs clients. Selon les données de 2025 de la FCEI, près de la moitié des propriétaires de PME (49 %) se disent préoccupés par leur sécurité, ainsi que par celle de leurs employés et de leurs clients (figure 6). Dans un pays fier de ses artères commerciales sécuritaires et animées, un tel niveau d’inquiétude devrait alerter les décideurs à tous les paliers de gouvernement.

« L’un de nos employés s’est fait voler sa voiture sous la menace d’une arme à feu à la fin de son quart de nuit. Il a eu le bon réflexe de remettre immédiatement ses clés et son cellulaire, puis de s’enfuir. Mais l’incident aurait pu mal tourner et lui coûter la vie. »
—    Propriétaire d’une entreprise de vente de gros, région du Grand Toronto (Ontario) 

Figure 6 : Les préoccupations en matière de sécurité se sont atténuées depuis 2023, mais près de la moitié des propriétaires de PME ne se sentent toujours pas en sécurité

Question: Dans quelle mesure êtes-vous inquiet pour votre sécurité et celle de votre personnel et de vos clients à cause de la criminalité et des problèmes de sécurité publique?
Source : FCEI, sondage Votre Voix, mené du 19 au 24 octobre 2025, n = 2 535. * Les chiffres ont été arrondis et peuvent ne pas totaliser 100.

« On s’est fait harceler, agresser, poignarder, mordre, pulvériser du répulsif à ours et tirer dessus par des toxicomanes ou des personnes ayant des troubles mentaux dans le quartier. C’est déjà assez stressant d’être propriétaire d’une PME. Personne ne devrait se demander si c’est aujourd’hui qu’on va mourir ou subir des blessures graves parce que les autorités ne font pas leur travail. »
—    Propriétaire d’un commerce de détail, Vancouver (Colombie-Britannique)

Les préoccupations en matière de sécurité dépassent largement les préoccupations liées au vol à l’étalage ou à des incidents isolés. Le personnel et la clientèle sont confrontés à des personnes pouvant vivre une situation de crise, qui ont souvent des comportements imprévisibles ou agressifs. De nombreux propriétaires de PME ont donc mis en place des protocoles de sécurité comme un système de jumelage, des règles concernant le travail en soirée, la gestion de certaines situations et les moments où il faut verrouiller les portes. Dans certains cas, les entreprises gardent leurs portes verrouillées toute la journée, et seuls les clients qui ont un rendez-vous ou qui utilisent la sonnette peuvent entrer. Ces préoccupations ont des effets d’entraînement; les familles s’inquiètent de ce que leurs proches peuvent vivre au travail au quotidien. Cette situation ne devrait pas être la norme pour les PME et leurs employés. 

« La fraude, le vol et la criminalité nous dissuadent de faire des affaires. Les pertes que nous avons subies sont considérables. »
—    Propriétaire d’une entreprise de services sociaux, Vancouver (Colombie-Britannique)

Des événements récents montrent à quel point les situations peuvent dégénérer rapidement. Un propriétaire d'entreprise de Winnipeg a subi une commotion cérébrale et une fracture des côtes en essayant d’arrêter un voleur, un rappel troublant des risques auxquels sont confrontés les entrepreneurs. Dans la région des basses-terres continentales, en Colombie-Britannique, certains propriétaires d’entreprise signalent des tentatives d’extorsion et des menaces, notamment des incendies criminels et des fusillades associées au crime organisé. Ces crimes ont donné lieu à des interventions policières ciblées et à des campagnes de sensibilisation du public. Même s’il s’agit de situations extrêmes, elles influent inévitablement sur la perception des risques et de la sécurité au quotidien des propriétaires de PME.

Les analyses de la FCEI montrent que, dans 7 provinces sur 10, plus de la moitié des propriétaires de PME se disent préoccupés par leur sécurité personnelle ainsi que par celle de leurs clients (figure 7). Ce niveau de préoccupation à l’égard de la sécurité de base est inacceptable et rappelle que les gouvernements doivent travailler ensemble pour mettre en place des solutions durables.

Figure 7 : La moitié des propriétaires de PME s’inquiètent pour leur propre sécurité et celle de leur personnel en raison de la criminalité dans leur communauté

Question : Dans quelle mesure êtes-vous inquiet pour votre sécurité et celle de votre personnel et de vos clients à cause de la criminalité et des problèmes de sécurité publique?
Source : FCEI, sondage Votre Voix, mené du 19 au 24 octobre 2025, n = 2 535.
Remarque : * Petit échantillon (moins de 40 répondants).

Les gouvernements doivent en faire plus

Les propriétaires de PME canadiennes estiment que les gouvernements doivent en faire davantage pour lutter contre les crimes visant les entreprises (figure 8). La majorité (77 %) estime que les impôts qu’ils paient ne se traduisent pas par une amélioration de la sécurité dans leur communauté, et seule une minorité se dit satisfaite des délais d’intervention policière (34 %) ou du niveau de service (37 %). De nombreux propriétaires de PME ont même cessé de signaler les incidents à la police ou de soumettre des réclamations d’assurance, estimant que ces démarches ne mènent pas à des actions concrètes. Seulement 17 % indiquent toujours remplir un rapport de police lorsqu’ils sont confrontés à des enjeux de sécurité dans leur communauté.

De plus, même si plus de la moitié des entrepreneurs du pays sont favorables à un programme de remise pour les dépenses de sécurité découlant de la criminalité, beaucoup reconnaissent qu’il ne s’agit que d’une solution à court terme à des problèmes plus profonds. La FCEI accueille favorablement les initiatives de remise pour les dépenses de sécurité, comme celle récemment mise en place par le gouvernement du Manitoba, mais des améliorations durables seront nécessaires pour obtenir des résultats concrets.

Figure 8 : Les propriétaires de PME sont largement en faveur d’un renforcement du Code criminel et estiment que les impôts payés ne contribuent pas à l’amélioration de la dans leur communauté

Question  : Veuillez indiquer quelle mesure vous êtes d’accord ou pas d’accord avec les énoncés suivants.
Source : FCEI, sondage Votre Voix, mené du 19 au 24 octobre 2025, n = 2 504. Remarque : Les réponses « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord » ont été regroupées sous les catégories « d’accord » et « pas d’accord ».

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les propriétaires de PME demandent à être pris davantage au sérieux par les gouvernements quand il est question de criminalité et de sécurité. Ils souhaitent que la récidive et les crimes violents soient traités en priorité, et demandent des réformes du système de justice, notamment du Code criminel. Les services de police à l’échelle du pays soulignent qu’un nombre restreint de récidivistes est à l’origine d’un volume disproportionné d’infractions. Dans une entrevue accordée à CBC en novembre 2025, le service de police de Calgary a qualifié ces délinquants de « grands utilisateurs du système », soit des personnes qui, d’un point de vue statistique et factuel, ont généré des centaines d’appels de service en lien avec des troubles sociaux et des comportements criminels. Les petites entreprises en ont assez d’être victimes de récidivistes et estiment qu’un renforcement du Code criminel aidera à remédier à la situation. 

« Notre petite ville a fermé son seul refuge sans offrir d’autres solutions, rendant les personnes vulnérables encore plus démunies et réduisant leurs options de survie, ce qui a des répercussions sur les entreprises et les communautés environnantes. Nous avons besoin de davantage de refuges, d’un meilleur accès aux services de santé mentale et de programmes gouvernementaux pour aider ces personnes à se rétablir et à reprendre leur place dans la société. »
—    Propriétaire d’une PME en fabrication, Colombie-Britannique

Les propriétaires de PME souhaitent disposer d’un canal de communication ouvert avec les gouvernements sur les enjeux de criminalité et de sécurité afin de déterminer quelles mesures sont efficaces et lesquelles doivent être améliorées. Il est important que les gouvernements soient à l’écoute des réalités du terrain pour s’assurer que les politiques produisent les résultats attendus.
C’est pourquoi la FCEI a salué le projet de loi C-14 du gouvernement fédéral, qui prévoit des modifications au Code criminel visant à resserrer les règles de mise en liberté sous caution et à imposer des peines plus sévères aux récidivistes et aux délinquants violents – y compris des groupes de voleurs organisés ciblant le commerce de détail. Les données du sondage montrent que les propriétaires de PME canadiennes sont largement favorables à un renforcement du Code criminel.

Toutefois, le projet de loi n’a pas encore été adopté, et seul le temps dira s’il permettra réellement de réduire la criminalité à l’échelle locale. Le message des entrepreneurs est sans équivoque : durcir le Code criminel pour cibler le crime organisé dans le commerce de détail, consulter véritablement les PME, et mettre en place des mesures de soutien concrètes – allant des programmes de remise pour les dépenses liées à la sécurité à une meilleure coordination entre les gouvernements – afin de les aider à demeurer résilientes. Qu’il s’agisse de vols de biens, de vandalisme, d’introductions par effraction, de harcèlement ou de la présence croissante de récidivistes, la criminalité représente désormais un coût d’exploitation inacceptable pour les entreprises.

« Il y a quelques mois, une remorque a été volée sur notre chantier, et la police n’a rien fait. Nous avons une vidéo du vol : le voleur a fait appel à un transporteur spécialisé pour récupérer la remorque. Des génératrices ont aussi été volées. Aucune nouvelle de la police, aucune accusation portée… Nous n’avons pas fait de réclamation à notre assureur pour éviter de faire monter les primes. Il y a quelques années, nous avons également été victimes d’une fraude de 650 000 $, après le piratage de la boîte de courriels d’un fournisseur. Des avocats sont intervenus dans le dossier, ce qui nous a coûté 8 000 $. »
—  Propriétaire d’une entreprise de construction, Nobleford (Alberta)

Conclusion

En investissant dans leurs commerces, en soutenant l’emploi local et en contribuant à leur communauté, les petites entreprises font tout pour tenir le coup, mais elles subissent les contrecoups de la hausse de la criminalité. Aucun employé ne devrait craindre pour sa sécurité au travail, et aucun propriétaire ne devrait devoir considérer le vol, le vandalisme ou les introductions par effraction comme un « coût d’exploitation ».

En attendant des solutions durables, les propriétaires de PME demandent un virage concret. Ils souhaitent que les gouvernements imposent des sanctions plus sévères pour les récidivistes et le crime organisé, mettent en place des mécanismes de signalement simplifiés et des interventions plus rapides. Les propriétaires de PME ont aussi besoin de mesures de soutien ciblées pour les aider à prévenir les incidents et à s’en remettre. Le succès doit être mesuré à ce que constatent les propriétaires sur le terrain : moins d’incidents et de perturbations, et une sécurité accrue pour le personnel et la clientèle. C’est ainsi que l’on rétablira la confiance et que l’on maintiendra le moteur entrepreneurial du Canada en marche. Sans efforts soutenus pour améliorer la réalité du terrain, la pénurie d’entrepreneurs pourrait s’accentuer au pays.