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La santé fiscale du Canada

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Février 2017
Ted Mallett, vice-président et économiste en chef

L’économie canadienne commence à se ressaisir après avoir dû s’ajuster à la chute des prix des ressources naturelles. Les budgets provinciaux se rééquilibrent un peu partout, sauf dans les régions productrices de pétrole. Toutefois, les niveaux globaux d’endettement continuent de grimper rapidement. Les graphiques ci-dessous illustrent, en pourcentage de la production économique totale (PIB), les recettes et les dépenses globales, ainsi que les niveaux d’endettement net total de chacun des gouvernements. Les projections sont fondées sur les prévisions économiques actuelles, les budgets des gouvernements et les mises à jour économiques et financières de mi-exercice. FCEI Économie fait des projections jusqu’à 2022-2023 en s’appuyant sur des hypothèses de stabilité des politiques budgétaires.

 

 

La croissance économique a été plus forte en 2016 que le laissaient penser les hypothèses de base du précédent budget fédéral. Toutefois, les dépenses ont également été plus élevées. On s’attend, au cours des prochaines années, à des déficits équivalant à 1,2% du PIB, et le retour à l’équilibre budgétaire ne fait pas partie des projections, à moins que les politiques relatives aux recettes et aux dépenses ne soient modifiées.

 

 

Les recettes et le PIB de Terre-Neuve-et-Labrador sont très dépendants des prix mondiaux du pétrole. L’effondrement des cours du pétrole a plongé les finances de la province dans le rouge. Terre-Neuve-et-Labrador devrait ainsi connaître des déficits de plusieurs milliards de dollars pendant quelques années, et ce, malgré d’importantes hausses des taxes et des impôts et un quasi-gel des dépenses publiques.

 

 

À l’Île-du-Prince-Édouard, on prévoit toujours un léger déficit pour l’exercice en cours, mais les deux prochains exercices devraient présenter des surplus. Des pressions démographiques s’exerceront sur la croissance économique et les recettes autonomes de la province. Toutefois, si la croissance des dépenses est limitée aux mêmes niveaux, les transferts fédéraux permettront de maintenir l’équilibre budgétaire.

 

 

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse s’attend à une série de budgets équilibrés ou à de légers excédents cette année et pour le reste de la période prévisionnelle. D’après les hypothèses de stabilité de la politique budgétaire, ces conditions devraient se maintenir et les niveaux d’endettement devraient commencer à reculer. Néanmoins, les dépenses publiques continueront de représenter une part beaucoup plus importante du PIB que ces dernières décennies.

 

 

Au Nouveau-Brunswick, on prévoittoujours des déficits d’environ 200 millions de dollars cette année et l’annéeprochaine, mais la réduction prévue des dépenses devrait permettre derééquilibrer les finances de la province d’ici 2020-2021. Toutefois, la dette aaugmenté rapidement et les dépenses publiques représentent une plus grande partdu PIB qu’il y a 15 ans

 

 

Le Québec a commencé à réduire son endettement qui représente à présent moins de 48% du PIB. La province s’attend à des budgets équilibrés ou à de légers excédents pendant la période prévisionnelle. Proportionnellement au PIB, les recettes et les dépenses du gouvernement sont toutefois d’environ 2 à 3% plus élevées qu’avant la récession.

 

 

L’Ontario aura mis huit ans à combler l’écart financier généré par la récession de 2008-2009. La dette a gonflé en conséquence, représentant cette année 40 % du PIB par rapport à 26 % il y a moins de 10 ans. Si les dépenses continuent de suivre le rythme de la croissance économique, les budgets pourront atteindre facilement l’équilibre au cours de la période prévisionnelle.

 

 

Le Manitoba affiche des déficits constants depuis huit ans, les deux derniers ayant atteint des records. Malgré l’absence de données officielles sur les futurs plans budgétaires, il est possible d’affirmer que la province pourrait atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2023-2024 si elle limitait la croissance de ses dépenses à 2,8 % par année.

 

 

La Saskatchewan prévoit un retour à l’équilibre budgétaire en 2017-2018, mais elle devra peut-être réévaluer ses hypothèses pour l’avenir, car la conjoncture économique a été plus difficile que prévu cette année. Par ailleurs, la dette a augmenté récemment, mais elle reste très inférieure à celle de la plupart des autres provinces.

 

 

L’Alberta a plongé dans un déficit de plus de 10 milliards de dollars cette année en raison des dépenses considérables qu’elle a engagées ces deux dernières années. La province prévoit un ralentissement de ses dépenses futures, mais cela ne suffira pas à combler l’écart. C’est la première fois depuis 2000 qu’elle affiche une dette nette.

 

 

Les finances de la Colombie-Britannique sont de loin les plus stables et les plus équilibrées de tout le pays. Les légers déficits qu’elle a régulièrement affichés après la dernière récession ont été effacés dès 2013-2014. Les recettes de la province sont plus élevées que prévu cette année, ce qui lui donne davantage de marge pour réduire les taux d’imposition dans l’avenir.