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Stratégie de départ : transfert à la famille, rachat par les cadres ou vente à une tierce partie? | FCEI

Rédigé par admin | Sep 27, 2022 5:11:37 PM

Chaque entreprise fonctionne à sa façon, et il n’y a donc pas de modèle unique pour le départ d’un propriétaire. Certes, vous devez planifier l’avenir de l’entreprise, mais aussi votre retraite ou la prochaine phase de votre carrière.

C’est pourquoi il est important de faire appel à des conseillers juridiques et financiers qui ont l’expérience et la sagesse nécessaires pour présenter l’entreprise sous son meilleur jour afin de conclure une vente satisfaisante. Un conseiller juridique est particulièrement indispensable, car il pourra déchiffrer la convention d’achat-vente et s’assurer qu’aucune de ses clauses ne viendra miner vos intérêts.

Les trois options les plus courantes en matière de relève d’entreprise sont le transfert à un membre de la famille, le rachat par les cadres (ou les employés) et la vente à un tiers.

Transfert à la famille

Bon nombre d’entreprises qui restent dans la famille sont prospères, parfois pendant plusieurs générations. La planification de la relève doit commencer dès que les membres de la génération suivante commencent à manifester un intérêt pour participer aux activités de l’entreprise. Vous aurez ainsi l’occasion de discuter des débuts de l’entreprise, des projets en cours et des principaux défis du secteur. Le dialogue ouvert et l’échange d’informations sont les meilleurs moyens de s’assurer que les membres de votre famille pourront prendre une décision éclairée quant à la reprise de l’entreprise.

Pour que la transition réussisse, le successeur doit être compétent, bien préparé et disposé à assumer ses nouvelles tâches. Il faut donc que vous ayez confiance en cette personne et en ses compétences, ses connaissances, son style de gestion, son éthique de travail et son engagement. Il est également important que tous les membres de la prochaine génération soient à l’aise avec leur rôle dans le plan de relève.

Les transitions les plus réussies sont celles où le propriétaire fait participer l’ensemble de sa famille dès le début du processus de planification. Après tout, vos proches auront besoin de temps pour exprimer leur point de vue et leurs préoccupations ainsi que comprendre l’effet de la passation de l’entreprise sur la dynamique familiale.

Avantages

  • L’entreprise reste dans la famille
  • Vos enfants (ou un autre membre de la famille) héritent d’une entreprise bien établie
  • L’expérience des membres de votre famille qui travaillent déjà pour l’entreprise depuis des années ne se perd pas
  • Vous avez la possibilité de continuer à participer aux activités de l’entreprise et à avoir un mot à dire dans les décisions

Désavantages

  • Il peut être difficile de choisir et de former le bon successeur
  • La transition peut être source de conflits et de tensions dans la famille
  • Nommer un successeur trop tôt peut limiter les choix de carrière de cette personne
  • Le successeur est souvent perçu comme étant l’enfant ou le petit-enfant du premier propriétaire

Rachat par les cadres ou fiducie collective des employés

Le rachat par les cadres est une stratégie de départ de plus en plus populaire auprès des propriétaires de PME. Cette option désigne essentiellement l’achat de l’entreprise par la totalité ou une partie des membres de la direction. Il s’agit d’une bonne façon d’assurer la poursuite des activités de l’entreprise.

Le rachat par les cadres, un processus de longue haleine : Le principal obstacle au rachat par les cadres est le financement. C’est ce qui explique que de tels rachats prennent souvent beaucoup plus de temps à conclure que la vente à un tiers. Habituellement, le financement pour un rachat provient d’un mélange de fonds personnels, de prêteurs externes et du vendeur lui-même. Il peut comprendre un régime d’options d’achat d’actions, un prêt conventionnel ou un rachat étalé dans le temps. Le départ du propriétaire se fait souvent graduellement, sur une période de trois à cinq ans.

Jeter les bases d’un rachat par les cadres : Comme pour les autres options, la planification d’un rachat par les cadres demande énormément de communication. Vous devez bien comprendre les objectifs de tous les participants pour vous assurer qu’ils souhaitent véritablement détenir des parts dans l’entreprise.

Pour qu’un rachat par les cadres se déroule bien, la direction, les prêteurs potentiels et vous devez vous assurer que les conditions suivantes sont réunies :

  • L’équipe de direction est solide, ambitieuse et compétente.
  • L’entreprise affiche une rentabilité stable ou croissante.
  • Un plan d’affaires exhaustif a été établi.
  • La participation financière du propriétaire et de la direction est suffisante pour rassurer les prêteurs quant à leur engagement envers l’entreprise.

Communication avec les employés : À quel moment faut-il informer les employés que la direction reprend l’entreprise? Un changement de propriétaire peut entraîner de l’instabilité dans une entreprise. Certains employés pourraient décider de quitter le navire plutôt que de suivre les nouveaux capitaines. Il est essentiel de choisir le bon moment pour informer les membres du personnel des changements à venir afin qu’ils sentent qu’ils ont leur mot à dire dans les décisions qui les concernent. La transparence est un bon remède contre la peur et les baisses de motivation qui surviennent lors de la vente d’une entreprise.

Monter le rachat par les cadres : L’opération de rachat par les cadres peut prendre entre quatre et six mois, et votre départ entre trois et cinq ans. En plus de conclure un accord financier provisoire, votre équipe de direction (l’acheteur) et vous (le vendeur) devez vous entendre sur plusieurs points avant même de commencer les négociations.

Fiducie collective des employés : La fiducie collective des employés est un mécanisme qui vous permet de vendre une partie, voire la totalité de votre entreprise à vos employés. Dans ce modèle, les actions des employés sont détenues en fiducie et régies par un fiduciaire, et l’entreprise continue d’être gérée de manière traditionnelle. Un récent sondage de la FCEI révèle un intérêt marqué des propriétaires d’entreprises canadiennes pour la participation des employés à la propriété.

Dans son budget 2022, le gouvernement fédéral a proposé de créer la fiducie collective des employés (plus d'infos en bas de la page), un nouveau type de fiducie exclusif, en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu, pour appuyer la propriété d’entreprises par les employés au pays.

Avantages

  • Le contrôle diligent requis est habituellement plus léger que pour les autres mécanismes
  • Le tout peut prendre aussi peu que trois mois, ce qui est rarement le cas lors d’un processus de vente complet
  • La direction est récompensée pour son engagement de longue date dans l’entreprise
  • L’indépendance et l’héritage de l’entreprise sont maintenus

Désavantages

  • Ce type d’opération est d’une grande complexité
  • L’accès limité au capital a parfois une incidence sur le prix et les conditions du rachat
  • Le vendeur doit souvent financer une partie du rachat
  • Un échec du rachat peut miner le moral et le rendement

Vente à un tiers

Il arrive parfois que la meilleure stratégie pour toutes les parties concernées soit de vendre l’entreprise directement à un tiers. Cela se produit par exemple lorsque les successeurs éventuels savent que le propriétaire actuel a consacré beaucoup de temps et d’efforts pour réussir, et décident qu’ils ne sont pas prêts à s’engager comme lui.

Se préparer à la vente : On entend souvent que le meilleur moment pour préparer la vente d’une entreprise, c’est au démarrage. Après tout, la plupart des caractéristiques qui attirent les acheteurs prennent du temps à mettre en place. Vendre une entreprise, ce n’est pas comme vendre une voiture ou une maison : ça ne se fait pas du jour au lendemain.

Une fois que vous aurez pris la décision de vendre, vous devrez décider quand. Idéalement, cette décision vient au terme d’une démarche de planification exhaustive, et non en raison d’un imprévu comme une maladie grave. À tout le moins, vous devriez prévoir au moins un an ou deux pour solidifier votre entreprise avant de la vendre. C’est là qu’un conseiller professionnel peut vous aider à analyser votre entreprise et à cibler des façons d’en maximiser la valeur.

Vous devrez aussi tenir compte des incidences de la vente sur votre fiscalité personnelle et sur la planification de votre succession afin de ne pas laisser d’argent sur la table. Une vente bien montée a le potentiel de vous faire économiser de grosses sommes en impôts. À l’inverse, une transaction mal planifiée pourrait être lourde de conséquences et réduire considérablement vos revenus futurs.

« Vendre » sa vente : Lorsqu’on se prépare à vendre une entreprise, une étape importante est la préparation d’un mémorandum contenant tous les documents que l’on souhaite distribuer aux acheteurs potentiels. La clé d’un tel mémorandum est de garder le cap sur votre objectif : rendre votre entreprise attrayante. Vous devez y décrire avec précision tous les aspects de votre entreprise (nature, histoire, produits, marchés, personnel, installations, rendement) de façon à mettre en valeur ses forces et son potentiel. Un acheteur qui lit votre mémorandum devrait y trouver une raison d’acheter votre entreprise.

Négociation : Un négociateur agit comme tampon entre l’acheteur et le vendeur, ce qui a comme effet de maintenir la cordialité entre les parties. L’absence d’animosité est particulièrement importante lorsque le vendeur demeure en poste pendant la transition. Un négociateur peut dire « Je ne suis pas certain que mon client acceptera X, mais si nous faisions Y... » afin de protéger le vendeur contre une clause ou une condition désavantageuse. En introduisant une tierce partie dans la transaction, le vendeur a plus de temps pour réfléchir aux propositions qui lui sont faites. Le recours à un négociateur réduit aussi le facteur émotionnel de la transaction, facteur qui est souvent en cause dans l’échec de transactions impliquant des entreprises familiales ou individuelles.

Conclure la transaction : Une fois que l’acheteur et le vendeur ont signé la lettre d’intention, il ne faut pas négliger la gestion de l’entreprise pour autant. La transaction est loin d’être conclue et tout problème de rendement de la société à ce stade pourrait avoir une incidence majeure sur les conditions finales de la vente. Dans les faits, il faut plus qu’un accord sur les conditions de base pour conclure une transaction.

Avantages

  • Ce type de vente permet souvent au propriétaire de quitter l’entreprise assez rapidement
  • Les ventes à un tiers sont celles qui ont le plus de chances de réussite au terme d’un processus de négociation
  • Le produit de la vente sera probablement imposé comme un gain en capital à long terme, donc à un taux d’imposition plus favorable

Désavantages

  • La vente de l’entreprise à un tiers ne garantit pas la survie de sa culture
  • Les acheteurs professionnels ont souvent davantage d’expérience, en plus de pouvoir compter sur une équipe juridique et comptable
  • Une vente à un tiers peut avoir de lourdes conséquences fiscales pour un vendeur mal préparé