Montréal, le 27 mars 2026 — Le gouvernement de l’Ontario a déposé son budget hier et a annoncé une baisse du taux d’imposition des PME, le faisant passer de 3,2 % à 2,2 % à compter du 1er juillet 2026. Ce seront 375 000 PME ontariennes qui bénéficieront de cette mesure importante pour l’économie. Cette réduction d’impôt offrira aux PME ontariennes des marges de manœuvre essentielles pour faire face à l’incertitude économique persistante, liée notamment aux tarifs douaniers américains et à la hausse des coûts d’exploitation. Cette mesure répond à une demande de l’équipe ontarienne de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
Cette décision de notre province voisine consolide la position du Québec comme pire environnement fiscal au pays. Avec un taux d’imposition à 3,2 %, le Québec affiche désormais le taux le plus élevé au pays, devant Terre-Neuve (2,5 %), le Nouveau-Brunswick (2,5 %), l’Ontario (2,2 %), l’Alberta (2 %), la Colombie-Britannique (2 %), la Nouvelle-Écosse (1,5 %), l’Île-du-Prince-Édouard (1 %), la Saskatchewan (1 %) et le Manitoba (0 %).
« En ne baissant pas l’impôt de ses petites entreprises lors de son budget, le gouvernement du Québec a montré un manque de vision et de leadership économique. Il préfère les subventions aux grandes entreprises plutôt que de faire confiance aux dizaines de milliers de personnes à la tête d’une petite entreprise », affirme François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
La situation est encore pire qu’elle ne paraît au Québec
La FCEI rappelle que le Québec est la seule province qui refuse d’accorder un taux d’imposition réduit pour les petites entreprises des secteurs de la construction et des services, qui ne rémunèrent pas 5 500 heures de travail rémunéré par an, ce qui représente un peu moins de 3 employés à temps plein. Cette injustice fait en sorte que ces plus petites entreprises doivent composer avec un taux d’imposition de 259 % plus élevé.
« Depuis l’entrée en vigueur de cette injustice fiscale il y a dix ans, aucune province n’a suivi l’exemple du Québec. Elles ont plutôt continué de baisser l’impôt de leurs petites entreprises, comme l’a encore fait l’Ontario hier. Par son inaction répétée dans ce dossier, le gouvernement du Québec montre qu’il voit ses petites entreprises comme un moyen de percevoir plus d’argent pour l’État plutôt que comme un levier pour relancer l’économie », s’attriste M. Vincent.
Maintenant en dernière position pour l’impôt des petites entreprises, le Québec garde aussi le pire environnement pour les taxes sur la masse salariale avec un écart de 30 % de plus que la moyenne du pays. De plus, le Québec est la seule province où la taxe provinciale sur la masse salariale liée à l’éducation ou à la santé ne prévoit aucune exemption pour les petites entreprises. Le seuil est fixé à 500 000 $ en Colombie-Britannique, à 1 M$ en Ontario et à 2 M$ au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador.
Baisser l’impôt des petites entreprises rapporte et la population appuie les PME
Les données de la FCEI illustrent qu’une baisse du fardeau fiscal global permettrait aux petites entreprises d’augmenter la rémunération de leurs employés (58 %), de stabiliser leur entreprise en remboursant la dette de l’entreprise (54 %), d’investir en augmentation de la productivité (54 %) et d’embaucher de nouveaux employés (35 %). Les employés, les régions et les collectivités du Québec en sortiraient gagnants.
Un sondage à la population Léger commandé par la FCEI montre une inquiétude quant à l’orientation économique du gouvernement et demande d’appuyer les PME :
Pour sa part, les coups de sondes de la FCEI auprès des entrepreneurs en octobre 2025 et en février 2026 ont recueilli des résultats inquiétants :
« Lors de la dernière baisse d’impôt des PME en Ontario, le ministre des Finances, Eric Girard, avait procédé à une réduction du taux d’imposition des PME afin d’assurer un taux égal à sa province voisine, et ce, sans pourtant régler l’injustice fiscale qui nuit aux secteurs de la construction et des services. Le gouvernement du Québec ne doit pas attendre; il doit ajuster la fiscalité des petites entreprises maintenant. S’il veut aider l’économie, il ne peut plus tourner le dos aux petites entreprises », conclut François Vincent.
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Renseignements :
Illona Sevré, analyste des politiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
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À propos de la FCEI :
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 100 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions et 22 000 au Québec. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.