Ottawa, le 14 mai 2026 – De nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèlent que plus de 4 entreprises agricoles sur 10 (44 %) font face à des perturbations de l’approvisionnement et à des hausses de prix touchant des intrants essentiels transitant par le détroit d’Ormuz, notamment les engrais.
« Les taxes et impôts élevés, les formalités administratives constantes et l’augmentation des coûts de l’énergie exercent déjà une pression sur l’approvisionnement alimentaire du Canada. Les perturbations de l’approvisionnement résultant des tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz ne font qu’exacerber la situation. Les exploitations agricoles dépendent fortement des intrants importés et sensibles aux variations de prix, comme les engrais. Ça les rend donc particulièrement vulnérables aux retards et à la flambée des prix, surtout pendant les saisons des semences et des semis », souligne Juliette Nicolaÿ, analyste des politiques bilingue à la FCEI.
Le secteur agricole canadien fait face à une pénurie d’entrepreneurs. Il ne compte aucune création nette d’entreprises depuis le quatrième trimestre de 2022. Selon les données d’avril du Baromètre des affaires de la FCEI, l’indice de confiance des entreprises agricoles canadiennes demeure parmi les plus faibles de tous les secteurs (53,3), reflétant un environnement d’affaires particulièrement difficile.
Dans une récente lettre au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Heath MacDonald, la FCEI a présenté trois priorités clés visant à améliorer la compétitivité des entreprises agricoles : alléger le fardeau fiscal global, réduire la paperasserie et le fardeau réglementaire, et protéger les droits de propriété sur les terres agricoles.
Le lourd fardeau réglementaire auquel font face les propriétaires d’entreprise agricole suscite des inquiétudes chez une grande majorité (90 %) d’entre eux quant à l’avenir de l’agriculture canadienne. Par ailleurs, près de 7 sur 10 ne recommanderaient pas de démarrer une entreprise dans ce secteur en raison de ce fardeau.
Compte tenu du projet de train à grande vitesse Alto et d’autres grands chantiers, 26 % des répondants sont préoccupés par les projets d’infrastructure pouvant menacer leurs droits de propriété.
« L’approvisionnement alimentaire du Canada est à risque, et la perte d’entrepreneurs agricoles ne fait qu’aggraver la situation. Les gouvernements doivent protéger et consulter les agriculteurs avant d’introduire de nouvelles réglementations environnementales, des changements de zonage ou des projets d’expansion urbaine », affirme Christina Santini, directrice des Affaires nationales à la FCEI.
La FCEI demande au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes pour rétablir la confiance des entreprises agricoles et renforcer la compétitivité du secteur :
• Réduire le taux d’imposition des petites entreprises de 9 % à 6 %.
• Augmenter le seuil de la déduction accordée aux petites entreprises à 700 000 $ et le seuil de revenu passif à 70 000 $, et les indexer sur l’inflation par la suite.
• Adopter une règle du « 2 pour 1 » pour les nouveaux règlements.
• Réduire la paperasserie et améliorer le service offert par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.
• Simplifier les programmes de main-d’œuvre et de gestion des risques d’entreprise.
• Moderniser la déduction accordée aux petites entreprises et soutenir la planification de la relève.
• Travailler avec les provinces pour protéger les droits de propriété sur les terres agricoles.
« Les entreprises agricoles ont besoin de prévisibilité et de soutien pour rester compétitives et s’adapter aux défis économiques actuels. Compte tenu du rôle essentiel des exploitations et des producteurs agricoles dans l’économie canadienne, il est impératif que les gouvernements s’attaquent dès maintenant à leurs enjeux en vue de renforcer ce secteur clé », conclut Mme Santini.
Renseignements :
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
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À propos de la FCEI
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