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Les gouvernements manquent leur cible : l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) laisse beaucoup d’entreprises en grande difficulté

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Ottawa, le 1er juin 2020 – La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) prévient que l’anxiété est à son comble pour de nombreux propriétaires d’entreprise au Canada qui entament un troisième mois avec des revenus fortement réduits sans qu’ils n’aient accès à un allègement des coûts du loyer. Bien qu’il soit possible d’appliquer au programme d’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) depuis lundi dernier, beaucoup signalent qu’ils n’y sont pas admissibles, soit parce qu’ils ne peuvent pas démontrer une baisse de revenus de 70 % ou parce que leurs propriétaires ne souhaitent pas participer au programme. D’autres, quant à eux, trouvent difficile l'obligation d'attester d’une perte de revenus de 70 % pour les mois d'avril, mai et juin, étant donné que les revenus de juin sont encore incertains.

« Nous sommes le 1er juin et l’aide au loyer est plus que jamais nécessaire. Une réduction des coûts du loyer peut faire la différence entre survie et fermeture pour plus de la moitié des PME canadiennes. Les gouvernements doivent agir rapidement et faire de l’aide au loyer une priorité absolue, » a déclaré Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la FCEI. 

Outre les défis liés à l’admissibilité des PME, la FCEI a reçu des centaines de témoignages de locataires et de propriétaires frustrés du processus d’application à l’AUCLC. Les avis recueillis déplorent la confusion qui règne autour de l’information nécessaire pour y appliquer. Ils soulignent la complexité des formulaires d’inscription et les difficultés techniques qu’ils rencontrent sur le portail. Un propriétaire a même déclaré avoir passé quatre heures en attente avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) pour essayer de vérifier ses informations de connexion. 

« Les PME ne demandent pas de l’aide de gaieté de cœur. Sans bouée de sauvetage, nombreuses sont celles qui risquent de tomber. La semaine dernière, le ministre de l’Économie du Québec, M. Pierre Fitzgibbon, a annoncé que le gouvernement provincial établira des procédures afin de suspendre les évictions des locataires commerciaux, en règle avant la COVID-19, tant que la crise dure. C’est un premier pas dans la bonne direction, mais il est primordial d’adopter un moratoire maintenant et de simplifier rapidement l’AUCLC pour qu’un plus grand nombre d’entreprises puisse en bénéficier, » a souligné François Vincent, vice-président à la FCEI.

La FCEI continue de réclamer des gouvernements que les mesures suivantes soient mises en place :

  • Permettre aux locataires d’accéder directement à leur part de l’aide par le biais du programme, sans que cela ne dépende de la participation des propriétaires d’immeubles commerciaux. Par exemple, les gouvernements pourraient augmenter le montant du prêt accordé par le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) de 40 000 $ à 60 000 $, ainsi que la part convertible en subvention de 25 à 50 %.
  • Améliorer l’AUCLC en simplifiant la procédure de demande, en prolongeant la période de couverture de l’aide et en élargissant l’admissibilité au programme (actuellement, seuls les locataires ayant perdu 70 % de leurs revenus peuvent s’en prévaloir).
  • Il devrait aussi être prioritaire de veiller à ce que l’élargissement annoncé du CUEC soit mis en œuvre rapidement, car certains propriétaires d’entreprise attendent depuis maintenant trois mois pour y être admissibles (par exemple, les entreprises familiales qui privilégient un revenu de dividendes plutôt qu’un salaire, celles qui emploient des travailleurs contractuels et les entrepreneurs qui gèrent leurs entreprises avec un compte bancaire personnel). 
  • Mettre en place un moratoire temporaire pour protéger les locataires commerciaux en règle avant la COVID-19, tant et aussi longtemps que la crise perdure. Depuis le mois de mars, la FCEI encourage les provinces à mettre en place une telle politique.

« Il est très important d’améliorer l’AUCLC. On ne peut pas attendre le 1er juillet sachant que 12 % des PME canadiennes sont menacées de faire faillite ou de mettre fin à leurs activités. Personne ne souhaite voir les rues commerciales se vider à cause de l’inefficacité d’un programme, aussi bien intentionné soit-il. » conclut. M. Guénette. 

À propos de la FCEI 
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 110 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus. 

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Renseignements :
Wissal El Alaoui, attachée de presse, FCEI
Tél. : 514 861-3234 poste 1808 | Cell. : 514 817-0228
[email protected]