Les travailleurs étrangers temporaires comblent des postes qui n’intéressent pas les jeunes Canadiens

Ottawa, le 21 juillet 2026 — Une nouvelle recherche menée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèle que les emplois les plus souvent occupés par les travailleurs étrangers temporaires (TET) sont précisément ceux que les jeunes Canadiens sont les moins disposés à accepter.

Près de la moitié des jeunes ne chercheraient pas un emploi qui comporte des quarts de nuit réguliers ou qui exige des efforts physiques fréquents et intenses. Plus du tiers écartent les emplois où le travail se déroule principalement à l’extérieur, dans diverses conditions météorologiques, de même que ceux qui sont rémunérés au salaire minimum ou à un taux proche de celui-ci. De nombreuses PME qui recourent aux TET offrent exactement ces types d’emplois pour maintenir leurs activités, ce qui souligne le décalage en matière d’emplois au Canada.

« On pointe du doigt le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour expliquer le resserrement du marché de l’emploi pour les jeunes Canadiens, mais cet argument ne tient pas la route. Bien des jeunes ne veulent pas faire des quarts de nuit en cuisine ni travailler en région rurale ou éloignée. Mais la réduction du programme des travailleurs étrangers temporaires ne rendra pas des emplois aux jeunes, elle contribuera plutôt aux pénuries de main-d’œuvre qui auront des impacts sur les emplois occupés par des Canadiens », affirme Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI.

Les manœuvres à la récolte représentent à eux seuls près du tiers (32 %) de tous les travailleurs étrangers temporaires au Canada. Il s’agit d’un travail saisonnier exigeant physiquement qui s’effectue à l’extérieur. Beaucoup de TET occupent également des postes de manœuvres de pépinières et de serres, de superviseurs des services alimentaires, de cuisiniers et de manœuvres aux soins du bétail. La plupart de ces emplois comportent des horaires irréguliers, du travail saisonnier ou des affectations en milieu rural. Parmi les PME qui ont recours au PTET, 9 sur 10 ne parviennent pas à pourvoir ces postes avec la main-d’œuvre locale.

Même quand les jeunes sont ouverts à certains postes, la plupart veulent rester dans leur région. Seulement 19 % des jeunes déménageraient dans une autre ville pour un emploi du secteur des services, à peine 8 % envisageraient de s’installer dans une petite ville ou une collectivité rurale, et seulement 3 % envisageraient de partir dans une localité éloignée.

« Les jeunes des grands centres urbains ne se bousculent pas pour commencer leur journée à 5 h du matin dans une boulangerie de la Saskatchewan rurale. Prétendre le contraire en limitant l’accès à la main-d’œuvre ne comblera pas ces postes. Le chômage élevé chez les jeunes ne garantit pas la disponibilité immédiate de main-d’œuvre locale. Il est temps de reconnaître que le PTET ne remplace pas des travailleurs canadiens : il permet de préserver des emplois, qui pourraient autrement disparaître faute de main-d’œuvre. Les jeunes Canadiens sont peut-être prêts à travailler dans le restaurant du quartier, mais sans employés pour prendre les quarts à l’aube, finir tard en soirée ou travailler dans la chaleur des cuisines, le système ne tient pas », souligne Bérengère Fouqueray, analyste de la recherche à la FCEI.

En juin, près de la moitié des PME des régions rurales (46 %) signalaient des pénuries de main-d’œuvre, contre 38 % parmi celles des centres urbains (38 %). Bien que les collectivités rurales aient de plus grandes difficultés de recrutement, les pénuries de main-d’œuvre sont aussi présentes dans les villes, où de nombreuses entreprises peinent à recruter pour des postes atypiques. Plus de la moitié des propriétaires de PME (52 %) affirment que le PTET les a aidés à rester en activité et à continuer d’employer des travailleurs canadiens. La proportion atteint 76 % dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, un point d’entrée important pour les jeunes.

Pour améliorer le PTET, la FCEI demande au gouvernement fédéral d’introduire une souplesse fondée sur la profession, en créant une catégorie pour les postes systématiquement difficiles à pourvoir (p. ex., emplois de nuit, exigeants physiquement ou à fort roulement), assortie de plafonds et de règles salariales adaptés pour tenir compte des pénuries persistantes, indépendamment du lieu. Elle lui demande également de garantir l’uniformité des règles à l’échelle nationale, et ainsi reconnaître son impact sur l’ensemble de l’économie, plutôt que de laisser de la latitude aux provinces pour sa mise en œuvre.

« Les PME qui utilisent le PTET sont souvent les premières à embaucher des jeunes pour des emplois au service à la clientèle, des postes de débutants et du travail saisonnier. Lorsque des entreprises ferment leurs portes, tout le monde y perd, y compris les jeunes Canadiens qui y travaillent », conclut Bérengère Fouqueray. 

Renseignements :
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
affaires.publiques@fcei.ca

À propos de la FCEI 
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 103 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.