Plus de taxes, moins d’entreprises, locaux commerciaux vident : Montréal doit rectifier le tir dans son prochain budget

Montréal, le 02 novembre 2026 – Un an jour pour jour après l'élection municipale, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) et l'Association des SDC de Montréal, publient un constat préoccupant. Le nombre d'entreprises recule à Montréal, les locaux vacants se multiplient sur les artères commerciales et une nouvelle hausse importante de taxes se profile. Les organisations demandent à l'administration de faire des PME et de l’économie les priorités de son budget 2027.

Un an après l'élection, l'état des lieux de l’environnement d’affaires de Montréal est préoccupant :

  • Moins d'entreprises, des faillites encore élevées. L'agglomération comptait 64 224 établissements d'affaires avec employés en décembre 2024, soit 425 de moins qu'un an plus tôt. Les plus petites entreprises (1 à 4 employés) sont les plus touchées, avec une baisse de 1,5 %. Les faillites d'entreprises ont atteint 820 en 2024. Elles ont ensuite reculé à 602 en 2025, mais restent près de 60 % au-dessus de leur niveau de 2021 (382).

  • Des locaux qui se vident. Au centre-ville, le taux d'inoccupation des bureaux atteint encore 16,8 % au troisième trimestre 2026, plus du double de son niveau de 2019 (7,6 %). Entre 2019 et 2024, il est passé de 15,7 % à 23,5 % dans la couronne centrale et de 15,4 % à 22,4 % dans l'Est de Montréal. Les espaces industriels suivent la même tendance : dans la couronne centrale, leur taux d'inoccupation est passé de 2,6 % à 3,6 % entre le troisième trimestre 2025 et le troisième trimestre 2026, une hausse de près de 40 % en un an.

  • Des taxes toujours plus lourdes. Au centre-ville, la mairesse a annoncé une hausse de 10 % de la taxe locale de Ville-Marie pour 2027, après 3 % en 2026. À l'échelle de la ville, le non-résidentiel a déjà subi une hausse de 3,4 % en 2026, et les taxes locales des arrondissements devraient bondir de près de 9 % en moyenne en 2027.

  • Un fardeau fiscal déséquilibré. Les immeubles non résidentiels représentent 17 % de la valeur foncière, mais paient 51,1 % des taxes foncières (2025). Le ratio de taxation de la Ville de Montréal atteint 4,44 contre 3,52 sur la Rive-Nord et 3,83 sur la Rive-Sud.

Les PME montréalaises le confirment. Selon un sondage de la FCEI, mené en 2026 auprès de 878 propriétaires de PME de Montréal, 76 % d’entre eux placent le fardeau fiscal total parmi leurs principales préoccupations. Viennent ensuite la réglementation et la paperasse (62 %), puis la pénurie de main-d'œuvre qualifiée (55 %). Près d'un entrepreneur sur deux (49 %) s'inquiète aussi du coût du gouvernement local.

« Aujourd'hui, un commerçant montréalais paie, pour la même valeur foncière, plus de quatre fois ce que paie un propriétaire résidentiel. Il y a un an, les Montréalais ont élu une administration qui promettait de limiter les hausses de taxes et d'être à l'écoute des entrepreneurs. Le budget 2027 sera un vrai test. Les PME ne peuvent plus servir de guichet automatique pour les recettes de la Ville », affirme Vincent Pâquet, directeur pour le Québec à la FCEI.

Le budget de la Ville doit faire de ses PME la priorité

La FCEI et les SDC de Montréal demandent à l'administration Martinez Ferrada de mettre les PME en priorité dans son budget 2027 et de présenter un budget économique qui mise sur la vitalité des commerces et des artères, plutôt que sur une nouvelle hausse du fardeau fiscal des entreprises.

« Nos artères commerciales et nos districts d’affaires font vivre Montréal. Pour les entreprises qui y sont établies, le poids des taxes et la complexité des démarches administratives réduisent la marge de manœuvre pour investir et se développer, tandis que les locaux vacants fragilisent la vitalité des quartiers. Le budget 2026 visait à maintenir l’augmentation des taxes non résidentielles à l’inflation et à réduire l’écart entre le résidentiel et le non résidentiel. Nous avons tout intérêt à poursuivre dans cette voie et à créer des conditions qui donnent aux entrepreneurs la confiance de rester et l’envie de s’établir à Montréal. Le prochain budget est l’occasion de traduire cette ambition en gestes concrets », souligne Sébastien Ridoin, directeur général de l’Association des SDC de Montréal.

Renseignements FCEI :

Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI

Cell. : 514 817-0228

affaires.publiques@fcei.ca  

Renseignements ASDCM :

Dany St-Jean

Cell. : 514 212-5457

dany@asdcm.com 

À propos de la FCEI 

La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 103 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions et 22 000 au Québec.  Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.

À propos de l’ASDCM

L’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM) représente d’une voix commune les intérêts du réseau des 24 SDC, regroupant plus de 15 300 commerces et places d’affaires. Sa mission est de créer un environnement propice au développement commercial et à la prospérité durable des quartiers.