Un an après le début de la guerre commerciale, la moitié des PME canadiennes ne considèrent plus les États-Unis comme un partenaire commercial fiable

Ottawa, le 4 mars 2026 — Selon de nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), un an après l’imposition de tarifs douaniers américains sur les produits canadiens, 52 % des PME canadiennes ne considèrent plus les États-Unis comme un partenaire commercial fiable. 

« Depuis l’imposition des premiers tarifs américains l’an dernier, les propriétaires de PME font face à beaucoup d’incertitude malgré la protection que procure l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pour plusieurs exportateurs. Avec la révision de l’ACEUM qui approche, c’est le moment idéal pour s’assurer de retrouver stabilité et prévisibilité dans nos échanges commerciaux », affirme Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI.

Les trois quarts (75 %) des PME disent que la guerre tarifaire a nui à leurs relations avec leurs clients ou partenaires commerciaux américains, une hausse marquée par rapport à 49 % en mars 2025. La récente décision de la Cour suprême des États-Unis sur les taux tarifaires ne change pas la situation pour la plupart des exportations canadiennes. Toutefois, elle apportera un soulagement nécessaire aux 27 % d’entreprises touchées par les tarifs sur les produits non conformes à l’ACEUM. Les tarifs sur l’acier et l’aluminium imposés par les deux pays demeurent un défi majeur pour de nombreuses PME, touchant 44 % d’entre elles. Dans l’ensemble, plus des deux tiers (68 %) des propriétaires de PME canadiennes continuent d’affirmer qu’ils subissent les effets négatifs des tarifs américains. 

L’aide fédérale ne parvient pas à soutenir les PME
Le travail de la FCEI révèle également que très peu de PME utilisent l’Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT) du gouvernement fédéral. Moins de 1 % des PME ont présenté une demande et 77 % ignorent totalement l’existence du programme. En raison de critères d’admissibilité trop stricts, le programme demeure hors de portée pour de nombreuses PME durement touchées par les tarifs. Par exemple, en Colombie Britannique, les entreprises doivent employer au moins 10 travailleurs à temps plein pour être admissibles. Au Québec, où la période de soumission est maintenant terminée, les demandes étaient limitées aux entreprises manufacturières générant au moins 2 M$ en revenus annuels.

La FCEI a récemment envoyé une lettre au premier ministre, Mark Carney, au ministre des Finances, François Philippe Champagne, ainsi qu’aux agences de développement régional (ADR) du Canada, remettant en question la conception et l’efficacité du programme.

« L’Initiative régionale de réponse tarifaire a été mal conçue. De nombreux petits détaillants et grossistes ne sont pas admissibles alors qu’ils ont été durement touchés par les contre tarifs. Plutôt que de rester les bras croisés, le gouvernement doit retourner à la table de dessin pour s’assurer que les programmes qu’il met en place fonctionnent réellement. Sans compter qu’il doit réduire la fiscalité et la paperasserie qui étouffent nos PME », ajoute M. Guénette.

La FCEI demande à Ottawa de :

•    fournir des mesures d’allégement fiscal élargies, notamment une réduction du taux d’imposition des petites entreprises de 9 % à 6 %; 
•    mettre en œuvre un programme de remise pour les PME touchées par les tarifs et veiller à ce que les remises et les remboursements offerts par le gouvernement ne soient pas considérés comme un revenu imposable;
•    privilégier le maintien de l’ACEUM pour rétablir la stabilité, réduire l’incertitude commerciale et protéger les chaînes d’approvisionnement transfrontalières dont les PME dépendent.

« Les propriétaires de PME nous disent qu’ils se sentent abandonnés face aux coûts des tarifs. Compte tenu du déclin entrepreneurial observé dans l’ensemble du pays, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer les entreprises qui existent déjà. Ottawa doit prendre ses responsabilités et trouver de meilleures façons de les soutenir », conclut Michelle Auger, directrice des Échanges commerciaux et de la compétitivité des marchés à la FCEI. 


Renseignements :
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
affaires.publiques@fcei.ca 

Méthodologie
Résultats finaux du sondage Votre voix — février 2026. Le sondage en ligne a été mené du 5 au 24 février auprès de 1 379 membres FCEI. À titre de comparaison, pour un échantillon probabiliste de cette taille, la marge d’erreur serait de +/— 2,60 %, 19 fois sur 20.

Résultats finaux du sondage Votre voix — décembre. Le sondage en ligne a été mené du 4 au 31 décembre 2025 auprès de 1 663 membres FCEI. À titre de comparaison, pour un échantillon probabiliste de cette taille, la marge d’erreur serait de +/— 2,40 %, 19 fois sur 20.

À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 103 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.