États généraux sur le coût et le financement des infrastructures municipales : les PME demandent aux municipalités de ne pas oublier de se regarder dans le miroir
Montréal, le 15 juin 2026 — À l’occasion des États généraux sur le coût et le financement des infrastructures municipales, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a présenté son mémoire pour faire entendre la voix des PME. Alors que ses plus récentes données révèlent un profond malaise face à la fiscalité municipale et au poids de la réglementation, la FCEI constate qu’un bout de chemin doit être fait par les municipalités.
Les résultats préliminaires du sondage de juin recueillies par la FCEI, illustrent que :
- 50 % des PME ne croient pas que leur municipalité augmente les taxes de manière raisonnable;
- 51 % se sentent appuyées par leur municipalité;
- 64 % estiment que les taxes municipales qu’elles s’acquittent ne génèrent pas une valeur équivalente;
- 75 % estiment que leur municipalité devrait en faire davantage pour alléger le fardeau administratif et réglementaire.
Ces résultats font échos à un sondage réalisé lors des élections municipales qui faisait ressortir que 67 % des PME désiraient une baisse des taxes municipales. La FCEI constate que la fiscalité municipale ressort comme l’enjeu numéro un, pourtant, l’orientation donnée par les municipalités semble mener vers une augmentation du fardeau fiscal des PME.
La FCEI rappelle qu’au cours des trois dernières années, les taxes municipales ont grimpé de 19,9 %, soit deux fois plus vite que l’inflation, ce qui met une pression directe sur la capacité d’investissement des entreprises. D’ailleurs, selon un sondage de 2024, deux PME sur cinq ont renoncé à des projets d’expansion en raison de la hausse des taxes foncières. Cette pression est d’autant plus importante que près de 58 % des revenus municipaux au Québec reposent sur l’impôt foncier, une proportion supérieure à celle observée ailleurs au pays.
« Les municipalités ont un impact direct sur la vie des PME, mais actuellement, de nombreux entrepreneurs ont l’impression d’étouffer sous les taxes et la paperasse. Avant de penser à hausser les taxes, il faut se demander si les PME ont encore la capacité de payer », affirme Vincent Pâquet, analyste principal des politiques pour le Québec à la FCEI.
Trop de paperasse, pas assez d’action
Au-delà de la fiscalité, les entrepreneurs dénoncent un environnement administratif trop lourd. Les PME consacrent en moyenne 32 jours ouvrables par année à se conformer aux exigences réglementaires, un temps qui pourrait être investi dans la croissance de leur entreprise. La FCEI fait valoir que 75 % des propriétaires de PME estiment que les municipalités devraient en faire davantage pour réduire le fardeau administratif et réglementaire. Elle souligne aussi que près du tiers des PME identifie les délais de permis comme un enjeu prioritaire, et que les processus sont jugés trop longs et trop complexes. Ce sont des actions que les municipalités peuvent mettre de l’avant et qui ne représentent aucun coût pour les payeurs de taxes.
Des chantiers qui nuisent aux entreprises
Les travaux municipaux représentent un autre irritant majeur. Près de 7 PME sur 10 ont été affectées par des chantiers au cours des dernières années, subissant en moyenne une baisse de 22 % de leur chiffre d’affaires. Ces perturbations peuvent durer longtemps, avec des impacts qui s’étendent sur plus d’un an.
Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, que plus de la moitié des entrepreneurs ne croient pas que les projets de construction auront un impact positif pour leur entreprise.
Des solutions concrètes sur la table
Dans son mémoire présenté aux États généraux, la FCEI formule plusieurs recommandations pour améliorer l’environnement d’affaires, notamment :
• réduire la dépendance des municipalités aux taxes foncières;
• diminuer la paperasserie;
• accélérer la délivrance des permis;
• mieux soutenir les entreprises touchées par les chantiers de construction;
• alléger le fardeau fiscal des PME.
« Si on veut des centres-villes dynamiques et des économies locales fortes, il faut créer des conditions gagnantes pour les PME. Cela passe notamment par une baisse du fardeau fiscal et réglementaire, une accélération de la délivrance des permis et un meilleur soutien aux entreprises touchées par les chantiers. », conclut Vincent Pâquet.
Renseignements :
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
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À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 100 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions et 22 000 au Québec. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.