Fin du PEQ: une clause de droits acquis s’impose!

Lettre ouverte publiée le 29 janvier 2026 dans Les affaires.

Presque chaque jour, les médias rapportent des risques de fermetures d’entreprises et des départs forcés de travailleurs temporaires. Hôtels, restaurants, exploitations agricoles, entreprises manufacturières… Partout, des petites et moyennes entreprises (PME) tirent la sonnette d’alarme. L’abandon du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) prive des dizaines, parfois des centaines, de travailleurs essentiels de l’accès à la résidence permanente, les obligeant à retourner dans leur pays d’origine.

Cette décision met fin à l’engagement du gouvernement envers des personnes immigrantes qui, depuis des années, étudient, travaillent et vivent ici en parlant français, au Québec. Elle mènera à l’expulsion de personnes déjà intégrées, indispensables à la vitalité de nos PME et ancrées dans leur milieu.

Les données le démontrent clairement. En 2024, même avec les immigrants temporaires et permanents, 12 régions administratives manquaient toujours de personnel pour combler les besoins du marché du travail: Montérégie, Laurentides, Lanaudière, Estrie, Outaouais, Saguenay–Lac‑Saint‑Jean, Mauricie, Bas‑Saint‑Laurent, Abitibi‑Témiscamingue, Côte‑Nord, Nord‑du‑Québec et Gaspésie–Îles‑de‑la‑Madeleine. 

Le message est clair: nous avons besoin d’eux.

Nous ne demandons pas ici d’ouvrir les vannes en acceptant 100 000 nouveaux résidents permanents par année. Mais il est impératif de prendre en compte que le temps est compté pour de nombreuses petites entreprises, pour les travailleurs et les régions administratives. Pour certains, il est déjà trop tard…

Oui, il est important et nécessaire que nos décideurs améliorent les politiques publiques en immigration pour mieux gérer la capacité d’accueil, répondre aux besoins des entreprises et protéger le français.

Cependant, on n’y arrive pas en tournant le dos à des travailleurs déjà intégrés, qui ont fait du Québec leur chez‑eux. Nous avons besoin d’une véritable passerelle vers la résidence permanente pour les travailleurs temporaires, pas d’une porte qui se referme sur ceux qui y contribuent déjà.

C’est pourquoi le gouvernement doit instaurer une clause de droits acquis pour tous les travailleurs déjà présents au Québec sous le PEQ, qu’ils soient aux études ou en emploi. Il faut permettre à ces gens-là d’accéder à la résidence permanente.

Ce n’est pas un hasard si la société civile et les élus municipaux le demandent unanimement : l’urgence est réelle. Plus le gouvernement fera la sourde d’oreille, plus les conséquences seront néfastes. Cela fera mal aux entreprises, mettra des emplois de travailleurs en péril et hypothéquera l’économie.

N’attendons pas que les mauvaises nouvelles frappent plus d’entreprises, de travailleurs et de familles. Le gouvernement du Québec doit faire preuve de sensibilité humaine et d’intelligence économique dans sa transition du programme du PEQ. Il doit agir maintenant. C’est possible et c’est urgent.