Les deux-tiers des propriétaires de PME prévoient de quitter leur entreprise dans les 10 prochaines années : plus de 2 000 G$ d’actifs sont à risque
Montréal, le 22 octobre 2026 — Selon un nouveau rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), près des deux tiers (63 %) des propriétaires de PME prévoient de quitter leur entreprise dans les 10 prochaines années, mais seulement 6 % disposent d’un plan de relève formel. Ce sont plus de 2 000 G$ d’actifs qui sont à risque.
La retraite reste de loin le motif de départ le plus évoqué (78 %), mais l’épuisement professionnel ou le stress (21 %) ainsi que les coûts d’exploitation élevés (20 %) poussent également de nombreux propriétaires vers la sortie. Un propriétaire sur huit (13 %) prévoit de fermer son entreprise. Chez les détaillants, ce taux grimpe à 17 %.
Ces résultats surviennent alors que, depuis le début de 2024, il y a eu plus de fermetures que d’ouvertures d’entreprises au Canada.
« Nous faisons face à une pénurie d’entrepreneurs. Alors que de nombreux propriétaires s’apprêtent à se retirer, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des entreprises viables parce qu’il est difficile de gérer le transfert de propriété ou de trouver un successeur. C’est un coup dur pour l’économie et cela met à risque des emplois et des services de proximité. Un transfert réussi permet de maintenir une entreprise en activité et d’assurer la relève entrepreneuriale. C’est pourquoi les gouvernements doivent prendre des mesures pour faciliter l’achat et la vente d’entreprises », explique Laure-Anna Bomal, économiste principale à la FCEI.
Pour près de la moitié des propriétaires de PME (47 %), le principal obstacle est de trouver un acheteur ou un successeur adéquat. Viennent ensuite le manque de temps pour planifier le transfert et la difficulté à évaluer la valeur de l’entreprise (37 % chaque).
La plupart des propriétaires prévoient de transférer leur entreprise à un acheteur sans lien de parenté : 54 % à un acheteur ne faisant pas partie de leur famille et 28 %, à un ou des employés. La relève familiale reste courante, alors que 21 % des propriétaires prévoient de vendre leur entreprise à un membre de leur famille, et 19 %, de la transférer en héritage.
Le maintien d’une propriété canadienne est un facteur important pour 72 % des propriétaires d’entreprise, y compris pour 68 % de ceux qui prévoient de vendre à une personne ne faisant pas partie de leur famille. Ces propriétaires accordent aussi une grande importance à la protection de leurs employés (87 %) et à l’assurance que l’entreprise continuera de soutenir la communauté (79 %).
« Les possibilités d’acquérir une entreprise canadienne existante sont nombreuses pour la prochaine génération d’entrepreneurs. Toutefois, sans un soutien accru des gouvernements pour mieux faire connaître les avantages du repreneuriat, de nombreuses occasions pourraient être manquées », poursuit Mme Bomal.
Pour faciliter le transfert d’entreprise, nous demandons aux gouvernements de prendre les mesures suivantes :
• Faire connaître, surtout auprès des jeunes entrepreneurs, les possibilités et les avantages offerts par l’achat d’une entreprise déjà en activité.
• Ajouter un volet consacré à la relève d’entreprise aux programmes d’immigration.
• Moderniser les mesures relatives aux gains en capital, notamment en réduisant le taux d’inclusion des gains en capital à 33 % sur la tranche de 2 M$ excédant l’exonération cumulative des gains en capital (ECGC).
• Mieux faire connaître la fiducie collective des employés (FCE) comme avenue pour la relève d’entreprise.
• Créer une plateforme sécurisée spécialisée dans le transfert d’entreprise, inspirée de Repreneuriat Québec, où des propriétaires en fin de parcours peuvent afficher leur entreprise et trouver des repreneurs qualifiés.
• Envisager des mesures améliorant l’accès au capital pour les personnes achetant leur première entreprise, dont des aides semblables à celles offertes aux acheteurs d’une première maison.
« Beaucoup de propriétaires comptent sur la vente de leur entreprise pour assurer leur retraite. S’ils ne trouvent pas d’acheteur, ils risquent de devoir la reporter ou de fermer leur entreprise. Un plan de relève est la meilleure façon de protéger ce qu’ils ont bâti. Plus ils commencent à planifier tôt, plus ils auront d’options », conclut Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI.
Consultez le rapport complet : Passer le flambeau : préparer la relève des PME canadiennes.
Visitez notre site Web pour en savoir plus sur la planification de la relève.
Renseignements :
Maud Larivière, conseillère principale aux relations publiques, FCEI
Cell. : 514 817-0228
affaires.publiques@fcei.ca
À propos de la FCEI
La FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante) est le plus grand regroupement de PME au pays, comptant 103 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions. Elle vise à augmenter les chances de succès des PME en défendant leurs intérêts auprès des gouvernements, en leur fournissant des ressources personnalisées et en leur offrant des économies exclusives. Visitez fcei.ca pour en savoir plus.