Les opinions de nos membres - résultats du sondage en personne sur les principaux enjeux des PME

Le sondage Les opinions des nos membres est une pièce fondamentale de la recherche de la FCEI depuis 1975. Il permet de suivre les principaux enjeux en matière de politiques publiques des propriétaires de PME partout au Canada.

Les gérants(es) de district recueillent les réponses lors des entrevues en personne au moment des renouvellements annuels, pour une moyenne d’environ 7 500 réponses par trimestre. Les résultats sont compilés chaque jour et publiés trimestriellement. Le sondage comporte une seule question à choix multiples : « Quels sont les enjeux les plus importants  pour votre entreprise? »

Même si la question a très peu changé au fil des années, de nouvelles options comme « criminalité et sécurité » et « défis commerciaux » ont été ajoutées cette année pour refléter les préoccupations actuelles des PME.

Ce questionnaire, toujours actif, donne à la FCEI un portrait en temps réel des défis auxquels font face les entrepreneurs — des taxes aux pénuries de main-d’œuvre, en passant par les coûts locaux et la paperasse. Ils nous permettent de garder notre travail de représentation centré sur ce qui compte le plus pour les propriétaires de petites entreprises et d’appuyer des changements concrets à tous les niveaux de gouvernement.

Consultez le tableau de bord interactif ci-dessous pour explorer les résultats pour le Canada, ainsi que par province ou par industrie. Vous pouvez aussi voir les tendances des 12 derniers mois et sur 5 ou 10 ans.

 

Tendances historiques

  • Le fardeau fiscal total est la principale préoccupation depuis plus de 25 ans. Après avoir atteint un sommet de 86 % en 2000, la proportion d’entrepreneurs qui le considèrent comme un enjeu important est redescendue à 66 % après la pandémie, alors que l’inflation prenait le dessus. Elle remonte maintenant vers sa moyenne historique de 78 %.
  • La pénurie de main-d’œuvre qualifiée est un défi grandissant. En 1998, seulement 30 % des propriétaires d’entreprise la mentionnaient, mais cette proportion a dépassé 60 % au cours des dernières années. Même si la tendance est à la baisse depuis 2024, elle demeure au-dessus de sa moyenne historique de 47 %.

  • La réglementation gouvernementale et formalités administratives inquiétaient sérieusement 56 % des propriétaires à la fin des années 1990, et par la suite cette proportion a grimpé à 72 % en 2014. La FCEI a lancé la Semaine de sensibilisation à la paperasserieMC pour pousser à l’action. Aujourd’hui, l’inquiétude est revenue près des niveaux des années 1990 — un progrès réel, mais le problème persiste.

D’autres enjeux, comme l’assurance-emploi, l’indemnisation des accidents du travail, la dette gouvernementale et les lois provinciales sur le travail, touchent moins d’entreprises, mais restent importants. De nouvelles préoccupations, notamment les défis commerciaux et la criminalité et la sécurité, ont émergé et ont été ajoutées au sondage ces dernières années.


T3 2025 – Faits saillants

Portrait national

  • Le fardeau fiscal total demeure la principale préoccupation des PME, cité par 72 % des répondants. 
  • La pénurie de main-d’œuvre qualifiée arrive au 2e rang (56 %), suivie de la réglementation et de la paperasse (54 %).
  • Les défis commerciaux, un nouvel enjeu ajouté à la liste, sont également importants et touchent 39 % des PME.

 

Portrait provincial

Terre-Neuve-et-Labrador
Le fardeau fiscal domine à 82 %, suivi par la réglementation et la paperasse (47 %) et les pénuries de main-d’œuvre (51 %). La dette gouvernementale ressort aussi à 38 %, signe de préoccupations fiscales en plus des défis réglementaires.

Île-du-Prince-Édouard
Le fardeau fiscal est le principal enjeu (67 %), suivi de près par les pénuries de main-d’œuvre à 64 % — le niveau le plus élevé de l’Atlantique. La réglementation (45 %) et la dette gouvernementale (49 %) sont également des préoccupations majeures.

Nouvelle-Écosse
Le fardeau fiscal mène à 65 %, suivi des pénuries de main-d’œuvre (58 %). La réglementation (43 %) et la dette gouvernementale (32 %) complètent le trio de tête, reflétant un mélange de pressions financières et de défis de recrutement.

Nouveau-Brunswick
Les entreprises néo-brunswickoises placent le fardeau fiscal total en tête (62 %), avec les pénuries de main-d’œuvre juste derrière (58 %). La réglementation arrive troisième (41 %), et la dette gouvernementale (47 %) est un enjeu plus marqué qu’ailleurs dans l’Atlantique.

Québec
Le Québec se distingue avec la réglementation et la paperasse comme premier enjeu (73 %), devant le fardeau fiscal (67 %). Les pénuries de main-d’œuvre suivent à 58 %, tandis que la dette gouvernementale (22 %) est relativement faible comparativement aux autres provinces.

Ontario
Les PME ontariennes priorisent le fardeau fiscal (74 %), les pénuries de main-d’œuvre (58 %) et la réglementation (53 %). Les défis commerciaux et la dette gouvernementale sont moins pressants, ce qui montre une attention surtout portée aux coûts et à la conformité.

Manitoba
Au Manitoba, le fardeau fiscal est premier (75 %), suivi des pénuries de main-d’œuvre (64 %). La réglementation (47 %) et la dette gouvernementale (42 %) demeurent aussi des préoccupations clés.

Saskatchewan
En Saskatchewan, le fardeau fiscal arrive en tête (77 %), avec les pénuries de main-d’œuvre à 64 %. La réglementation (47 %) et la dette gouvernementale (42 %) suivent une tendance semblable à celle du Manitoba.

Alberta
L’Alberta affiche la préoccupation pour le fardeau fiscal (84 %) la plus élevée au pays. Les pénuries de main-d’œuvre (63 %) et la réglementation (51 %) suivent, tandis que la dette gouvernementale (59 %) est aussi très élevée comparativement aux autres provinces.

Colombie-Britannique
En C.-B., le fardeau fiscal atteint 78 %, les pénuries de main-d’œuvre 61 % et la réglementation 50 %. Les défis commerciaux (44 %) y sont plus prononcés que dans la plupart des provinces, reflet d’une économie fortement tournée vers le commerce.

 

Portrait sectoriel 

Agriculture
Le fardeau fiscal total est de loin la principale inquiétude. La dette et le déficit gouvernementaux — ou la crainte de hausses d’impôts futures — arrivent au 2e rang (50 %), tandis que les défis commerciaux montent rapidement (49 %).

Ressources naturelles
Le fardeau fiscal est premier (82 %), suivi des pénuries de main-d’œuvre (66 %) et de la réglementation (63 %). Les défis commerciaux (45 %) soulignent l’exposition du secteur aux marchés mondiaux.

Construction
Le fardeau fiscal mène (71 %), suivi des pénuries de main-d’œuvre (66 %) et de la réglementation (57 %). Les défis commerciaux (39 %) rappellent des pressions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement.

Fabrication
Le fardeau fiscal arrive en tête (71 %), avec les pénuries de main-d’œuvre (55 %) et la réglementation (57 %). Les défis commerciaux (50 %) mettent en évidence une combinaison de pressions liées aux coûts, au personnel et aux marchés.

Commerce de gros
Le fardeau fiscal est premier (70 %), suivi des pénuries de main-d’œuvre (57 %) et de la réglementation (60 %). Les défis commerciaux (48 %) reflètent la dépendance aux importations et à la logistique.

Commerce de détail
Comme dans la plupart des secteurs, le fardeau fiscal est la principale préoccupation (71 %), suivi des pénuries de main-d’œuvre (49 %) et de la réglementation (43 %). La criminalité et la sécurité ressortent à 38 %, un enjeu plus marqué que dans les autres secteurs.

Transport
Le fardeau fiscal mène (71 %), suivi des pénuries de main-d’œuvre (61 %) et de la réglementation (62 %). Les défis commerciaux (46 %) soulignent l’importance des échanges transfrontaliers.

Arts, loisirs et information
Le fardeau fiscal préoccupe 74 % des entreprises, suivi de la réglementation (51 %) et des pénuries de main-d’œuvre (46 %). Les défis commerciaux sont un peu plus modestes dans ce secteur (32 %).

Finance, assurances, immobilier et location
Les taxes et la réglementation sont les principales préoccupations (68 % et 64 %). Les coûts municipaux (42 %) ressortent aussi, reflétant le poids de la conformité et des dépenses locales.

Services professionnels
Comme dans plusieurs secteur de services, les taxes et la réglementation dominent (72 % et 68 %). Les défis commerciaux sont relativement faibles (28 %), signe d’un marché surtout domestique.

Santé et éducation
Taxes (72 %), réglementation (53 %) et pénuries de main-d’œuvre (50 %) sont les principaux enjeux. La dette gouvernementale (48 %) est également importante.

Entreprises et gestion administrative
Le secteur est centré sur les coûts et la conformité : fardeau fiscal total (72 %), pénuries de main-d’œuvre (58 %) et réglementation (52 %).

Hébergement et restauration
Pressions persistantes sur les coûts et la main-d’œuvre : fardeau fiscal (71 %), pénuries (54 %) et réglementation (50 %). Les défis commerciaux (31 %) restent faibles.

Services personnels et divers
Fardeau fiscal (71 %), pénuries de main-d’œuvre (63 %) et réglementation (54 %) dominent. Les défis commerciaux (38 %) complètent le tableau.

 

 Portrait par enjeu

  • Le fardeau fiscal est la principale préoccupation dans tous les secteurs et partout, sauf au Québec. Les préoccupations varient de 62 % au Nouveau-Brunswick à 84 % en Alberta.
  • Les pénuries de main-d’œuvre touchent plus de la moitié des entreprises dans chaque province. Elles sont les plus fortes à l’Î.-P.-É., au Manitoba et en Saskatchewan, et particulièrement pressantes en construction, transport et services personnels.
  • La réglementation et la paperasse préoccupent environ 40 % des PME de l’Atlantique et près de 50 % en Alberta et en C.-B. Le Québec demeure de loin la province la plus inquiète (73 %) — et c’est son enjeu numéro un. La paperasse est aussi plus importante en finance/immobilier/location, transport et commerce de gros.
  • Les coûts municipaux pèsent davantage dans l’Ouest canadien que dans l’Est.
  • Les défis commerciaux sont plus importants dans les Prairies et en C.-B. (40 à 50 %), comparativement à 20–30 % dans l’Atlantique. Ils sont particulièrement critiques pour les manufacturiers.

Note : Des données supplémentaires, notamment par taille et âge de l'entreprise, par municipalité, région ou circonscription électorale, sont disponibles sur demande. 

 

 

Methodologie

Le sondage Les opinions de nos membres est mené en personne par les gérants(es) de district lors des renouvellements annuels, auprès de propriétaires de tous les secteurs et provinces. Les membres répondent à la question sur un iPad au moyen d'une application, et chaque membre ne peut répondre qu’une fois par année. Chaque trimestre, nous recueillons de 7 000 à 8 000 réponses, ce qui donne une marge d’erreur d’environ 1,1 à 1,2 % à un niveau de confiance de 95 %, assurant des résultats fiables et représentatifs. Pour plus d’information sur l’échantillon, consultez les détails dans le tableau de bord.

Les résultats du sondage pour T4 2025 seront publiés en janvier 2025.

Andreea Bourgeois, directrice de l’économie
Simon Gaudreault, vice-président, Recherche et économiste en chef

 

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